‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 332 sur 358 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

quelques jours. De nouveau les agitateurs parurent préparer l'assaut. Le maire alors prit les devants; avec toute la force de police dont il pouvait disposer, il fit cerner le scolasticat le dimanche soir, 8 août; c'était le moment où devait avoir lieu la manifestation hostile. Le lendemain toutes les autorités administratives en corps procédèrent à une visite domiciliaire minutieuse; les Pères reçurent ordre de se retirer; mais on les engagea à ne rester ni dans l'intérieur de la ville, ni dans le voisinage, s'ils ne voulaient s'exposer aux plus graves dangers, euxmêmes et les personnes qui les recevraient^. La maison de Dôle fut effectivement abandonnée et resta sans habitants jusqu'en 1832.

A Laval, à Bordeaux, à Clermont, à Paray-le-Monial, la nouvelle des événements de Paris fut pareillement saluée par les cris de A bas les Jésuites/^ et ils durent au moins momentanément céder à l'orage et chercher un asile hors de leurs demeures. Deux de leurs résidences furent cependant épargnées, celle de Vannes et celle de Vais. Cette dernière fut menacée à plusieurs reprises; les fortes têtes du Piiy auraient bien voulu faire leur manifestation contre le repaire des Jésuites installé aux portes de la ville ; mais chaque fois on leur fit entendre que toute tentative de désordre serait énergiquement réprimée.

Dans ces conjonctures le gros souci du Provincial était de trouver un asile pour les scolastiques et les novices. L'explosion de la tempête avait été trop subite pour que l'on pût prendre ses mesures. On ne pouvait songer à réunir une communauté en France, même en un coin

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