‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 333 sur 358 · I . Ibid · texte numérisé non relu

I . Ibid

reculé de province ; il fallait donc chercher au delà des frontières.

Le Père Druilhet se trouvait en visite à Paray-le-Monial au moment où éclata la Révolution. 11 se hâta de se rendre à Dole ; il y arrivait le 5 août avant le jour, et constatait que la situation était encore plus grave qu'il ne le supposait. Tout le scolasticat était dispersé; il était d'ailleurs sans nouvelles des autres maisons. Sans perdre de temps il fit partir son socius le Père Gury, pour la Suisse et le Père Maillard, l'un des professeurs du scolasticat, pour le Piémont. Pourlui, il s'achemina vers Saint-Acheul, et c'est là que, après quelques jours d'attente et d'angoisse, il apprit que l'on mettait à sa disposition le collège de Brigue en Valais, qui pouvait recevoir le scolasticat tout entier. Le plus grand nombre des théologiens de Saint- Acheul et de Dole reçurent donc leur feuille de route pour Brigue avant la fin du mois. Le Père Druilhet écrivait, le 25 août, au Père Gury : « C'est un plaisir de voir avec quel cœur partent ces bons enfants; ils partiraient, s'il le fallait, à pied et le sac sur le dos... » D'autres jeunes étudiants furent envoyés au Collège romain ; d'autres enfin furent dirigés sur l'Espagne.

Quant aux novices d'Avignon, on dut pour régler leur sort, procéder avec plus de ménagements et de formalités. Pour eux aussi, c'était l'exil et un avenir plein d'inconnu. Mais un tel sacrifice ne pouvait être imposé à des novices sans leur consentement exprès. Le recteur du noviciat, le Père Renault était en Bretagne, retenu par des affaires de famille lorsqu'éclata la tempête de juillet. Le Père Philippe de Villefort qui le remplaçait, pressé par les événements, obligé de prendre une décision, déclara donc à ses jeunes disciples que tous ceux qui voudraient retourner dans leurs familles étaient libres de le faire; ils n'avaient encore contracté envers la Société aucun engagement; elle ne se reconnaissait pas le droit de les associer malgré eux à sa mauvaise fortune.

Sauf deux exceptions, tous ces jeunes gens au nombre

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