CHAPITRE II
Le Père de Glorivière avait reçu l'hospitalitë dans les bâtiments extérieurs du couvent des Carmes de la rue de Vaiigirard, occupé alors par les religieuses carmélites. C'est là que le trouvèrent les événements de 1814. Nous voyons par une de ses lettres de cette année que, depuis son admission dans la Compagnie de Jésus en 1805, il n'avait pas cessé, « autant que les circonstances l'ont permis », d'être en correspondance avec son Général, à Saint- Pétersbourg, le Père Brzozowski. Au moment où la chute de Napoléon lui fait entrevoir une aurore de liberté, il lui écrit : « Commandez, mon Révérend Père, commandez. Tout ce que j'ai de force est à vous, en quelque lieu du monde que ce soit; je veux faire au delà même du possible ; l'obéissance multipliera mes forces ; la confiance augmentera mon courage; Dieu me donnera de pouvoir; ce que je ne pourrai par moi-même, peut-être le pourrai-je par d'autres. S'il se fait ici selon nos désirs, je ne demande, je n'ambitionne qu'un tout petit coin où je puisse mourir obscur et inconnu'. »
Avant que cette protestation de dévouement du vénérable religieux fut parvenue au Père Général, celui-ci avait écrit de Saint-Pétersbourg, au Père de Glorivière, une lettre que nous reproduisons intégralement, traduite du latin. Elle porte la date du 7/19 mai 1814.
« Mon Révérend Père,
« La Paix de N.-S.
« J'ignore si Votre Révérence est en bonne santé. Je le souhaite et l'espère, et c'est pourquoi je vous écris. Nous