‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 1 sur 362 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I, — D'après M. Guizot les Jésuites cherchent à éluder les dispositions soi-disant prises contre eux par le Saint-Siège. Comment ils ont accepté les concessions du P. Général. Fausses nouvelles. La vérité se fait jour peu à peu. Entrevue du comte Beugnot avec M. Guizot. Le ministre déclare sa volonté que la note du 6 juillet soit obéie en toute rigueur. Les Jésuites doivent s'exécuter eux-mêmes. Circulaire du ministre des Cultes.

IL — Le Provincial de Paris va à Rome combattre les concessions adoptées en principe. Étranges perplexités du P. Général. Il révoque d'abord les concessions, puis les maintient. Circulaire du P. Rubillon à son retour de Rome. La dispersion à Paris, à Lyon, à Saint-Acheul, à Laval. Rossi continue d'intriguer à Rome. Il se jilaint du retard des Jésuites à se disperser.

in. — Rossi annonce à Guizot un triomphe complet : Le « drame » louche à son dénouement; le Pape, d'après lui, intervient pour contraindre les Jésuites à rol)éissance. Supplique du P. Roothaanà Grégoire XVI. Réponse du Pape. Le nec plus ultra des concessions est atteint. De fait on ne va pas plus loin. Le Gouvernement parait se contenter de sa « victoire ». Récompense des négociateurs.

IV. — L'attitude de l'épiscopat à l'égard de la Compagnie pendant la tempête déchaînée contre elle. Mgr Parisis, évêque de Langres. Mgr d'Astros, archevêque de Toulouse. L'archevêque d'Avignon, les évoques de Chàlons et de Chartres olTrent leurs palais épiscopaux aux Jésuites, dans le cas où ils seraient expulsés de leurs maisons. Embarras de M. Martin du Nord. Les évêques supplient le Pape de repousser les demandes du Gouvernement. Mgr de Mazenod. Dévouement du nonce Fornari pour la Compagnie de Jésus.

V. — L'archevêque de Paris entre dans les vues du Gouvernement. 11 voudrait incorporer les Jésuites au clergé paroissial. Déclaration du cardinal secrétaire d'État à l'enconlre des prétentions de Mgr Affre. Rigueurs de l'archevêque à l'égard des Jésuites dispersés. Protestation de Montalembert, Jugement de Mgr Parisis. Mgr Affre, sur le point de mourir, regrette sa conduite à l'égard des Jésuites.

VI, — Les défenseurs de la Compagnie. L'abbé Dupanloup. Montalembert et le P. de Ravignan. Lacordaire engage Montalembert à se séparer des Jésuites, Les griefs de Montalembert contre la Compagnie. Vatimesnil, Cormenin, Gauchy, Cbampagny, etc.. La dernière héritière de La Ghalotais. La prière des petits et des humbles.

Il nous reste à dire comment les mesures « discrètes et prudentes », adoptées à Rome « pour le bien de la paix », furent acceptées et exécutées par les Jésuites de France. C'est une histoire passablement compliquée et touffue. M. Guizot en donne un raccourci en terminant le long chapitre de ses Mémoires consacré à cette négociation avec le Saint-Siège, laquelle manifestement lui paraît un des beaux triomphes de sa diplomatie.

Parlant de la Note du Moniteur^ « l'effet dans le public, dit-il, fut grand ; car le succès était inattendu. On avait beaucoup dit que la Cour de Rome et bien plus encore les Jésuites ne se prêteraient jamais à cette dissolution tranquille de la Congrégation, Pourtant le fait s'est accompli. Nous donnâmes aux Jésuites pour l'exécution de leur engagement tous les délais, toutes les facilités compatibles avec l'engagement même. J'aurais eu, si j'avais voulu les saisir, bien des occasions et bien des raisons de me plaindre à Rome de leurs dénégations équivoques, de leurs procraslinations indéfinies, de leurs subtils eiïorts pour donner à croire que Rome n'avait pas promis en leur nom tout ce qu'on exigeait d'eux. »

Ainsi M, Guizot a forcé les termes de la dépêche Rossi; de sa propre autorité il lui fait dire beaucoup plus qu'elle ne disait; il prétend ensuite obliger les Jésuites à tenir des engagements qu'ils n'ont pas pris ; il leur reproche d'user d'échappatoires pour s'y dérober! On jugera sans doute que, s'il y eut ici manque de loyauté et de franchise, ce ne fut pas du côté des Jésuites^. La Note men-

I, Le P. Rubillon était Assistant de France lorsque parut le tome Vil des Mémoires de Guizot. Provincial de Paris en i8/|5, il avait été mêlé

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