‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 133 sur 362 · Litt. ann. i835-i836, p · texte numérisé non relu

Litt. ann. i835-i836, p

qu'il se glissait sous le voile d'une vertu exemplaire, longtemps éprouvée par la persécution; mais comment remédier au mal, lorsque le découvrir seulement paraissait à un grand nombre de prêtres comme une trahison de la foi qu'ils avaient confessée avec tant de courage^ ? » Sans attaquer ouvertement des pratiques erronées, les Jésuites durent se contenter d'abord de signaler et de recommander les ouvrages d'une orthodoxie incontestable, quoique plus indulgente. « Grâce au Père de Bussy, dit son biographe, la Théologie morale de saint Liguori, condamnation universelle des usages gallicans dans l'administration des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, s'introduisit dans la bibliothèque des prêtres français et tempéra du moins le rigorisme outré de leurs principes 2. » C'était beaucoup déjà de faire lever l'interdit qui pesait chez nous sur le docteur et la doctrine. 11 ne fallait rien moins que la grande autorité du saint missionnaire. C'est une preuve que l'esprit janséniste avait pénétré bien profondément l'âme du clergé français. Avec le temps le Père Chaignon osa pousser plus outre. Il trouvait des accents pathétiques en parlant « des déplorables victimes d'une indiscrète sévérité », de ces malheureux « qu'entraîne dans l'abîme une rigueur désespérante », de ces trop nombreux « libertins qui sont parvenus à vivre sans remords, parce qu'ils sont sans espérance ». — « Eh! qu'est-ce donc, demandait-il, que la justice sans la charité?... Elle irrite, décourage, effraie, centriste. Vaine terreur, stérile tristesse qui ne rendirent jamais l'homme meilleur et dessèchent jusqu'au fond de l'âme toute sève de vertu! »

Là ne se bornaient pas les efforts des Jésuites français pour extirper les restes calamiteux du Jansénisme. Le

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