‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 142 sur 362 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

négligée, et d'ailleurs traitée fort cavalièrement par plusieurs de ceux qui s'en occupent. — 5*' En même temps il m'a semblé utile de faire sentir à tout le monde que les études viriles ont besoin des Ordres religieux. » (12 Juin 1839.)

On voit que l'ouvrage monumental n'était pas une simple fantaisie d'artistes millionnaires. L'austère Père Guidée, alors Provincial de Paris, pouvait l'encourager de son suffrage, comme nous le voyons dans une lettre écrite quelques jours après au même Père Roothaan : « Le Père Arthur Martin, en qui tout le monde s'accorde à reconnaître un rare talent d'artiste et des connaissances remarquables en archéologie, m'a adressé le compte rendu d'un projet d'ouvrage qu'il a conçu et préparé pendant son séjour à Bourges. Je crois que ce travail ne serait pas sans utilité en France dans le moment présent, et qu'il ferait honneur à la Compagnie, Ad Majorem Dei Gloriam. » (3 Juillet 1839.)

On se mit donc à l'œuvre. Dans son atelier de Bourges le Père Arthur Martin grava lui-même sur la pierre la plus grande partie de ses reproductions, qui furent tirées en couleurs par la maison Firmin-Didot Frères. Les planches sont au nombre de trente-trois ; chacune d'elles est accompagnée de plusieurs pages d'un texte fort érudit; c'est le moindre éloge qu'on en puisse faire. L'ouvrage fut mis en souscription et parut en livraisons, de deux mois €n deux mois, à partir de novembre 1841. En 1844, les éditeurs firent suivre la quinzième et dernière livraison d'un avis qui mérite d'être cité : « Les souscripteurs reconnaîtront sans peine que les promesses ont été non seulement remplies avec scrupule, mais dépassées dans l'exécution. Aussi à dater de ce jour les conditions seront changées; l'exemplaire complet coûtera net 500 francs. L'exemplaire ordinaire contenant les seules planches nécessaires coûtera net 300 francs. »

L'Institut honora d'une médaille d'or l'ouvrage monumental des deux Jésuites. Dans une Notice sur le Père

Arthur Martin, lue à la Société des Antiquaires de France^ M. Ferdinand de Lasteyrie, parlant de l'accueil qu'il reçut du monde savant, insinue que quelques-uns lui auraient « peut-être fait le reproche d'abuser des dissertations accessoires ». « Mais, ajoute-t-il, il est beau de pécher par excès de science. Aussi ne pensa-t-on qu'à louer la profonde érudition du texte et le luxe des planches exécutées avec une perfection à peu près inconnue jusqu'alors *. »

L'étude des vitraux né formait pourtant que la Première Partie de l'œuvre annoncée par le titre lui-même : Monographie de la Cathédrale de Bourges. Elle ne fut pas continuée, et l'on comprend assez pourquoi. Toutefois les deux associés ne s'en tinrent pas là; leur collaboration devait durer quinze ans. Ils réunirent le fruit de leurs recherches, dit le Père Cahier, dans « une collection moins démesurée par ses dimensions, moins inaccessible par son prix, formée d'éléments plus variés et de Mémoires plus intéressants pour ceux qu'effarouche une science trop sévère... Bon nombre de peintures mystérieuses, de tissus riches et précieux, de bas-reliefs inexpliqués se sont pressés dans nos cartons. Nous voulons les offrir au public, lui soumettre nos vues sur ces objets et appeler celles de plus habiles. » On procéda pour cette publication comme pour la Monographie ; chaque livraison, de format moins colossal, se composait de texte et de planches; la première parut en 1848, et à la mort du Père Martin, en 1856, l'ouvrage formait quatre volumes sous le titre de Mélanges d'Archéologie, d'Histoire et de Littérature^ . Vingt années plus tard le Père Charles Cahier y ajoutait quatre

1. Bulletin de la Société des antiquaires de France. Séances du i8 février et du 4 mars 1857.

2. Mélanges d'Archéologie, d'Histoire et de Littérature, rédigés ou recueillis parles auteurs de la Monographie de la Cathédrale de Bourges. Collection de Mémoires sur l'orfèvrerie et les émaux des trésors d'Aixla-GLapelle, de Cologne, etc., sur les miniatures et les anciens ivoires sculptés de Bamberg, Ratisbonne, Munich, Paris, Londres, etc., sur des étoffes bysantines, arabes, etc., sur des peintures, bas-reliefs mystérieux

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