CHAPITRE IV
autres volumes de Nouveaux Mélanges. A propos de la première série, un critique d'art non suspect parlait avec admiration de celte œuvre « qui a si fort contribué à la renaissance du goût en matière de mobilier religieux^ ». Réponse à qui serait tenté de croire que les études des deux religieux avaient un caractère peu sacerdotal.
On peut rattacher à cette même époque l'œuvre maîtresse du Père Cahier : Les Caractéristiques des Saints dans V art populaire'^. Ce vaste répertoire d'iconographie sacrée parut seulement en 1866, mais lui-même déclare dans V Avant-Propos qu'il y travaillait depuis trente ans : « Le projet, le plan même de ce livre date de 1838. » De même encore Quelque six mille Proverbes publiés en 1856, mais dont le rassemblement supposait beaucoup d'années de recherches. Pendant sa longue carrière, le Père Charles Cahier promena sa curiosité d'archéologue et de bibliophile sur une foule d'objets fort disparates, mais intéressant tous par quelque endroit l'honneur de la religion et de l'Église. C'est là ce qui fait l'unité de son œuvre. 11 y avait dans sa manière une pointe d'originalité, parfois malicieuse, qui assaisonnait la sécheresse naturelle des commentaires et des discussions. « Personne au xix® siècle n'a mieux connu l'art du moyen âge que le Père Cahier^. » Aussi était-il devenu une autorité dans le monde des chercheurs et même des artistes. Il mourut âgé de 75 ans, le 22 février 1882.
Le Père Arthur Martin publia en outre dans différents recueils quantité d'articles d'histoire ou de critique de l'art religieux. Artiste lui-même, tour à tour dessinateur et graveur, il a laissé une œuvre considérable, encore que fragmentaire et dispersée, dont on peut voir le détail
de l'époque carlovingienne, romane, etc. Chez Veuve Poussielgue-Rusand,
i848-i856. 4 vol. In-folio. Planches 45. 89. 34. 35.