‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 17 sur 362 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

dans le public, est pour le moment nécessaire au Gouvernement fort embarrassé. Cela se conçoit... » (27 Octobre.)

Ces derniers mots renferment, croyons-nous, l'explication adéquate des faits que nous venons de raconter et qu.i furent alors pour la France catholique au sujet d'étonnement, de douleur, osons le dire, de scandale : capitulation apparente du Saint-Siège, concessions réelles des Supérieurs de la Compagnie de Jésus, puis silence de ceux-ci et de celui-là en face du mensonge qui prend pied dans l'Histoire. Tout cela était « nécessaire » pour tirer d'embarras un Gouvernement que son manque d'énergie et de franchise avait engagé dans un mauvais pas. Si on ne lui eût facilité une retraite honorable, qu'il put même décorer du nom de victoire, il lui fallait, malgré qu'il en eût, partir en guerre contre des couvents, et de ces sortes d'expéditions les gouvernements monarchiques, pour ne pas parler des autres, ne retirent ni honneur ni profit.

« Peut-être, écrivait à ce moment le comte Franz de Champagny, le Général des Jésuites lui a-t-il épargné (au Gouvernement) de grands malheurs. Les actes de violence contre l'Église ont toujours mal réussi aux nations. Les cours del'Europeélaientbien paisibles et se croyaient affermies, lorsqu3 dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, elles proscrivirent la Compagnie de Jésus. Avant que le dix-huitième siècle fût fini, la royauté de Louis XVI était tombée, la France avait passé par la tyrannie révolutionnaire; toutes les cours étaient tremblantes, vaincues, affaiblies; la Papauté elle-même expiait dans les fers sanctifiés de Pie Yl la faiblesse de Clément XIV, et parmi ces dynasties il n'en est pas une sur laquelle le fléau révolutionnaire n'ait laissé ses affronts et ses meurtrissures '. »

l'ontife romain de protéger et de défendre les Ordres religieux qui ont bien mérité de l'Église. A ce devoir bien certainement jamais nous ne faillirons en ce qui concerne la Compagnie de Jésus... Huic ofpcio erga Societatein illam nunquam certe deerimus... » Le Pape fait ensuite l'éloge des sages et prudentes mesures prises par le Général. (^Archiv, Proy. Franc., t635).

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