‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 18 sur 362 · Le Correspondant, Tome XI, p · texte numérisé non relu

Le Correspondant, Tome XI, p

Le Père Roothaan avait un jour, dans sa correspondance avec le Provincial de Lyon, glissé l'observation suivante : « Le dévouement avec lequel les évéques prennent notre défense mérite de notre part un redoublement d'ardeur à seconder leur zèle et de respect pour leur autorité.» (3 Mars 1845.) Pendant toute la crise que nous venons de raconter, les Jésuites trouvèrent en effet dans l'épiscopat un appui généreux et constant, et l'on peut ajouter, à peu près unanime, a Tous les évoques, au nord et au midi, écrivait ce même Provincial, se maintiennent fermes et inébranlables dans la résolution de nous soutenir, et tous, ou publiquement ou par lettres privées, l'ont fait savoir à M. Martin du Nord. » (3 Mai 1845.) L'unanimité n'était pas aussi complète qu'il semblait à l'optimisme du Père Maillard. Nous aurons à mentionner tout au moins une exception point négligeable. Mais il reste que, dans l'ensemble, les évêques de France rendirent alors à la Compagnie de Jésus un témoignage dont elle a tout à la fois le droit et le devoir de se souvenir. Déjà, comme on l'a vu, plusieurs d'entre eux, en combattant l'article du projet de loi qui excluait de renseignement les Congrégations religieuses non autorisées, avaient saisi l'occasion de manifester leurs sentiments pour les Jésuites, contre lesquels cet article était dirigé ; maintenant que l'existence même de la Société était menacée au nom des prétendues lois de l'Etat, les protestations épiscopales s'élevaient plus nombreuses et plus véhémentes. Nousavons entendu Mgr Parisis s'écrier : « Plutôt cent ans de guerre que la paix à ce prix! » Pour lui la cause des Jésuites ne se séparait pas de celle de l'Eglise, et c'est pourquoi l'épiscopat ne pouvait se dispenser de les défendre sans trahir sa mission. Dans sa Lettre sur les interpellations Thiers, le prélat s'exprimait à cet égard avec une singulière énergie •

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