‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 177 sur 362 · I. Lettre du P. Hus au P. Général, i^ aA^ril i · texte numérisé non relu

I. Lettre du P. Hus au P. Général, i^ aA^ril i

Tout en affectant de consulter les missionnaires sur les moyens de réaliser l'œuvre philanthropique entreprise à la Guyane ^, on ne leur donnait à eux-mêmes ni encouragement ni appui.

Aussi les Supérieurs en vinrent-ils à se demander à plusieurs reprises si les travaux et le dévouement de la Compagnie ne trouveraient pas ailleurs un emploi plus fructueux. Dès 1855 la question se pose: Ne se verra-t-on pas dans l'obligation de se retirer ? Toutefois, au Père Studer, Provincial de Paris, qui lui a mis sous les yeux le tableau des épreuves de la Mission, le Père Roothaan répond : « Vous avez très bien agi en refusant de retirer vous-même les Pères de Cayenne. » (5 Octobre 1855.) Deux ans plus tard, cette solution extrême ne lui déplairait pas : « J'avoue, écrit-il au Père Beigner que, en réfléchissant à tout ce que Cayenne nous a coûté, à la pénurie d'ouvriers qui nous fait souffrir partout, au maigre résultat obtenu jusqu'ici auprès des transportés et à celui que l'avenir peut nous promettre, je verrais plutôt avec satisfaction la Compagnie déchargée de cette œuvre. » (10 Juin 1857.) Enfin le Père Fessard, successeur du Père Studer, se voyait invité à examiner sérieusement avec son Conseil s'il était opportun de conserver une Mission, « où un si grand nombre des Nôtres allaient chercher un tombeau et où leur ministère rencontrait tant d'obstacles et d'interdictions. En d'autres pays, en Chine tout spécialement, leur liberté serait moins contrariée et ils feraient plus de bien ^. » (3 Décembre 1859.)

Mais les Jésuites français répugnaient à cet abandon ; la Guyane leur était devenue chère en raison même des sacrifices et des deuils qu'elle leur imposait. Ils conti-

1. On conserve aux Archives romaines une Note officielle du i6 janvier 1857 sur cette grave question, avec une copie de la réponse du p. Beigner, Supérieur de la Mission.

2. ...Missionem istam quae tôt Nostrorum hucusque extitit sepulcrum et in qua nostra erga colonos ministeria tôt subjacent impedimentis et prohibitionibus,.. »

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