‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 197 sur 362 · I. Eugène Veuillot, Louis Veuillot. T. II, p. i · texte numérisé non relu

I. Eugène Veuillot, Louis Veuillot. T. II, p. i

et s'il y eut une loi votée en 1850, ce fut une loi de liberté, adoptée par une assemblée républicaine'. »

La Révolution de février envoya en effet le malencontreux projet rejoindre les quatre ou cinq lois déjà avortées sous ce régime qui, par peur des Jésuites, avait failli aux engagements pris sur son berceau. Aux termes de la Charte de 1830, il devait être pourvu «dans le plus bref délai», entre autres objets, à « l'instruction publique et à la liberté d'enseignement ». (Article 69.) La Constitution de 1848 est plus formelle et plus explicite. D'après l'article 9, « l'enseignement est libre ». Mgr Parisis eût voulu qu'on s'en tînt à cette déclaration; il ne put l'obtenir. On y ajouta une explication pleine de sous-entendus et de menaces : « La liberté d'enseignement s'exerce selon les conditions dé moralité et de capacité déterminées par les lois et sous la surveillance de l'État. Cette surveillance s'étend à tous les établissements d'éducation et d'enseignement sans aucune exception. » Mais enfin le principe de la liberté était posé, et partant le monopole aboli.

C'était un progrès immense. Immédiatement le ministre de l'Instruction publique, Hippolyte Carnot, déposait un projet de loi ; au dire de Mgr Parisis, on y découvrait « un esprit infernal » ; mais le souffle de la liberté en avait balayé certaines exclusions injustes. Le rapporteur, Jules Simon, ne craignait pas d'écrire : « La République n'interdit qu'aux ignorants ou aux indignes le droit d'enseigner; elle ne connaît pas les corporations; elle ne les connaît ni pour les gêner, ni pour les protéger; elle ne voit devant elle que des professeurs. » De son côté, le prince Louis- Napoléon, candidat à la présidence, publiait à la veille de l'élection une profession de foi où on lisait : « Protéger la religion et la famille, c'est assurer la liberté des cultes et la liberté de l'enseignement. » Élu le 10 décembre à une énorme majorité, il constituait un ministère présidé

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