‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 201 sur 362 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

sa vie. Voyez donc quel coup funeste voua allez lui porter*. » Au surplus, la loi est formelle, « loi générale, notez-le bien, et qui concerne toutes les associations quelles qu'elles soient. On ne peut ouvrir la porte aux Jésuites sans l'ouvrir à ces associations dangereuses pour la paix publique, auxquelles je n'ai garde de les comparer ; mais cependant, s'il existe une loi, il faut l'appliquer à tous. »

Cette dernière partie du réquisitoire était, à vrai dire, la seule embarrassante. Le cas des Jésuites, considérés comme individus, était fort simple; c'étaient des citoyens à qui on ne pouvait dénier le droit commun ; malheureusement le cas se compliquait toujours d'une question d'association, et à ce point de vue l'exclusion pouvait toujours les atteindre. Les déiénseurs du projet Falloux ne demandaient là-dessus que le silence. On faisait une loi sur l'enseignement, loi qui consacrait la liberté. Pourquoi y mêler une question d'association? D'ailleurs la liberté d'association était, elle aussi, inscrite dans la Constitution, et partant on avait le droit de tenir pour abrogées toutes les vieilles lois de proscription contre les Jésuites.

Ce fut la thèse que l'abbé Dupanloup soutint énergiquement. Il avait d'ailleurs pour l'appuyer l'exemple de M. Guizot et de M. Cousin lui-même ; les projets de loi de 1836 et de 1840 ne se préoccupaientpoint desassociations religieuses ou laïques; celui de M. Carnot les passait également sous silence. Comment pouvait-on se montrer plus exigeant, alors qu'on cherchait un terrain de conciliation ? Malgré tout, M. Thiers crut devoir épiloguer sur le sous-entendu qu'on lui proposait : «Vous demandez, dit-il, vous, les défenseurs des Congrégations, une seule chose, le silence à leur égard. Soit; ça pourra être pour le moment une satisfaction à votre amour-propre ; mais cela ne changera rien à l'état des choses ; car les lois de

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