I. Les Débats de lu Commission de 18i9, p. a^o
l'État relativement aux Congrégations religieuses ne sont pas, que je sache, rapportées... » Demandez à M. de Falloux « si, pour se présenter à l'Assemblée, et lorsque s'élèvera la question des Congrégations religieuses, le silence lui suffira ». Et dans un résumé final, M. Thiers soulignait la concession qu'il ne faisait qu'à contre-cœur et avec réserve: « Enfin, en ce qui tient aux Congrégations non reconnues par l'État, si l'on se contente du silence, j'y consens; seulement j'en appelle à l'avenir. »
L'abbé Dupanloup ne voulut pas rester sur un succès aussi équivoque où perçait encore une menace. Dans une dernière séance, il revint sur le chemin parcouru, rendit hommage à la largeur d'esprit de ses contradicteurs, rappela les sacrifices consentis de part et d'autre au bien de la paix ; il réfuta en passant quelques légendes contre les Jésuites, qui avaient échappé à M. Cousin et à d'autres universitaires; il trouva des accents émus pour plaider leur cause au nom de la vérité et de la justice, trop longtemps opprimées en leurs personnes que la liberté devait enfin affranchir. Sa parole simple et forte, animée d'une conviction ardente, s'élevant çà et là jusqu'à l'éloquence, remporta ce jour-là un beau triomphe: «M. de Falloux, qui fut témoin de la scène, l'a racontée dans ses Souvenirs sur VÉvêque d'Orléans. On avait vu M. Thiers s'agiter, adhérer de la tête et du geste, puis bientôt se lever, quitter sa place, s'approcher de celle de M. l'abbé Dupanloup, se tenir debout devant lui, l'écouter de l'air d'un homme qui reconnaît et salue la vérité. La séance terminée, M. Thiers saisit le bras de M. Cousin en s'écriant : « Causin, Cousin, avez-vous bien compris quelle leçon nous avons reçue là, lorsqu'il a parlé des Jésuites? Il a raison, l'abbé. Oui, nous avons combattu contre la justice, contre la vertu, et nous leur devons réparalion^ »
Le fait est que cette fois la conversion fut complète,