‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 205 sur 362 · I. Loc. cit · texte numérisé non relu

I. Loc. cit

pas toujours la juste mesure. Il fallait beaucoup de fermeté d'esprit pour ne pas se laisser entraîner par les outrances de l'un ou de l'autre : « Ce qui me fit le plus souffrir dans cette grande lutte, écrivait Mgr Parisis, c'étaient les opinions exclusives de mes amis du dehors, représentées en sens contraire par VUnivers et VAmi de la Religion. J'aime à reconnaître ({mqV Univers resta toujours fidèle aux principes. Il disait, et c'était vrai, que le projet de loi n'était pas ce que nous avions demandé.., que l'idée seule d'une transaction était mauvaise et que son exécution, telle qu'on la proposait, était pour nous une défaite. 11 avait simplement raison en droit ; mais peut-être ne tenait-il pas assez compte des nécessités du moment... De son côté VAmi de la Religion, dominé par la volonté puissante de l'abbé Dupanloup, inspirateur, auteur et défenseur de la transaction, exaltait le projet de loi comme un chef-d'œuvre, dans lequel il fallait tout admirer, même le fond des principes. MM. de Falloux, de Montalembert, Beugnot, MoIé, de Riancey soutenaient les mêmes idées, qui paraissaient vraiment révoltantes, surtout de la part de catholiques qui avaient depuis quatre ans soutenu avec nous tout le contraire. J'admettais le projet comme un expédient transitoire, mais l'admettre comme bon et juste en soi, cela me semblait propre à démentir tout notre passé et compromettre tout notre avenir*. »

Parmi tous les opposants se distinguait le fougueux abbé Gombalot. Impatient du repos et du silence, il lançait dans le public, sous forme de lettres ouvertes à différents personnages, des critiques virulentes de « la loi de malheur». Il écrit le 12 novembre 1849 à Mgr Dupanloup, qui vient d'être nommé évêque d'Orléans : « Le projet Falloux est au Conseil d'État. S'il en revient, quod Deus avertat ! ... Je le regarde comme un des plus dangereux fléaux qui aient encore menacé votre patrie adoptive. » Tel est le début; et pour finir : « J'ose vous prédire qu'il laissera

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