‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 206 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

sur votre mémoire une tache que des flots de larmes auront peine à effacer . y> Entre ces aménités s'intercalent trentesix questions numérotées, formulant autant d'accusations contre la loi et parfois contre celui qui passe pour en être l'auteur^

Le terrible publiciste ne s'en tint pas là . Deux mois plus tôt il avait écrit au Général des Jésuites « pour lui dire que le Père de Ravignan se laisse tromper par l'abbé Dupanloup etcompromet ainsi la Compagnie^». Il fait part de son exploit à Louis Veuillot, « sous le secret, comme à tout le monde », ajoutant que cette démarche a été « concertée avec le Père Deschamps » et que, au surplus, « la masse des Jésuites en France partage nos idées ».

La lettre était un réquisitoire en forme qui qualifiait durement les personnes et les choses : le Supérieur de la maison de la rue de Sèvres patronait « un projet de loi schismatique » et « les fils de Voltaire pouvaient s'applaudir d'avoir pour auxiliaire un fils de Loyola ». (30 Août 1849 .) Le Père Roothaan voyageait alors en Belgique. Sans dévoiler le nom de l'auteur, il fit connaître au Père de Ravignan les accusations portées contre lui. La réponse du Père de Ravignan, déjà publiée dans sa biographie, ne saurait être passée sous silence dans cette Histoire ; on y voit en effet, sur le vif, quelle fut l'attitude des Jésuites français en face d'un projet de loi qui les intéressait au plus haut point. Le Père de Ravignan déclare d'abord que ni au dedans, ni au dehors de la Compagnie, il ne s'est posé en défenseur de la loi Falloux. Puis il poursuit:

«J'aime tendrement et j'estime profondément MM. de Falloux, de Montalembert et Dupanloup... Du reste ma tendre et inviolable amitié pour ces trois hommes éminents ne m'a pas empêché de dire la vérité selon ma conscience.

1. Lettre à M^r Dupanloup, évêque cî'OrZea/j*. Bibliothèque Nationale. Ld*. 52o6.

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