CHAPITRE PREMIER
peut s'en passer encore. Mais ce qu'elle ne peut aliéner ni abandonner, ce sont les conseils évangéliques dont la pratique implique l'existence des Congrégations en généraP. » Cet énoncé de principes incontestables n'était pas pour troubler la conscience d'un ministre, si délicate qu'elle fût, dans l'entreprise poursuivie alors par le Gouvernement. Hâtons-nous de dire que celui qui devait être le cardinal Mathieu a laissé d'autres témoignages de sa fermeté épiscopale, aussi bien que de ses sentiments pour la Compagnie de Jésus. On en jugera par la lettre suivante que le Père Maxime de Bussy écrivait dix-huit mois plus tard au Père Général. Il raconte l'accueil qui lui a été fait à Besançon. L'archevêque ne lui permet pas d'avoir d'autre hôtellerie que son propre palais.
« Monseigneur, poursuit-il, me communiqua sa correspondance avec le ministre par rapport à la Mission donnée par les Pères de Dôle dans une ville de son diocèse, Mission qui fit le plus grand bien. On lui disait qu'il avait oublié son esprit de conciliation, en employant des reli' gieux qui n'étaient ni reconnus ni approuvés, et que les Missions n'étaient propres qu'à fomenter les passions... Monseigneur répondit qu'il ferait donner autant de Missions qu'il pourrait, qu'il le devait à sa charge et à sa conscience, et qu'il les ferait donner par qui il croirait utile de les faire donner, que le choix des ouvriers le regardait personnellement... Comme je lui faisais observer qu'il serait peut-être utile de remettre à un autre temps les exercices qui allaient avoir lieu : Non, me répondit-il, j'entends être libre pour mon ministère et dans mon choix, et c'est pour cela même que j'ai demandé de nouveau des missionnaires de Dôle. — Pour mieux affirmer son intention sur ce point, Monseigneur est venu tout-à-coup ici avant mon premier sermon; il est monté en chaire et m'a présenté comme l'homme de son choix : — Je viens, a-t-il dit, prendre sur moi toute la responsabilité et en décharger