‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 22 sur 362 · I. Ibid.F · texte numérisé non relu

I. Ibid.F

une Société que j'aime et que je vénère. » (13 Janvier 1847.)

En même temps qu'il adressait au Gouvernement ses protestations en faveur des Jésuites, l'épiscopat français se tournait vers Rome et conjurait le Pape de ne rien accorder de ce qu'on lui demandait contre eux. Une note du Père Roothaan atteste que, le 14 juillet, il eut communication à la secrétairerie d'Etat d'une liste d'évêques qui avaient déjà écrit au Saint-Père dans ce but; celte liste s'allongea encore par la suite. Ces lettres épiscopales eussent fourni, s'il en eût été besoin, à la Curie pontificale de quoi répondre aux arguments par lesquels M. Guizot et son envoyé s'évertuaient à démontrer la nécessité de supprimer les Jésuites pour le plus grand bien de l'Eglise de France*. Nous citerons celle d'un prélat qui eut toujours son franc-parler avec le Pape, aussi bien qu'avec le Roi et ses ministres. C'est l'évêque de Marseille, Mgr Eugène de Mazenod, qui écrit à Grégoire XVI :

« Très Saint Père, il est facile de voir que c'est l'Église catholique qu'on veut frapper dans l'Institut des Jésuites. On veut punir l'Eglise d'avoir réclamé contre l'enseignement universitaire et de s'être prévalue des promesses de la Constitution... L'épiscopat ni le clergé ne se laissent pas intimider. Aussi ce n'est pas auprès de nous que l'on intrigue ; on voudrait faire illusion à Rome pour que la crainte d'un plus grand mal portât Votre Sainteté à faire quelques concessions. Or, j'oserai dire que les concessions seraient en ce moment on ne peut plus funestes. Elles affligeraient profondément l'épiscopat, les prêtres et les fidèles de France, et produiraient un déplorable découragement, dans une lutte fâcheuse, mais nécessaire pour que la religion ne soit pas à jamais perdue

I. Dans sa réponse à l'une de ces lettres, le Pape déclare que nombre d'évêques de France et d'ailleurs sont heureux de rendre aux Jésuites le plus magnilique témoignage ; « ... Atque hujusmodi amplissimum tesiimonium alii etiam tum ex Gallia tum ex aliis regionibus antistites tribuere gaudent hujus Societaiis alumnis. » (Lettre à l'évêque de Chartres, 1 6 juillet 1845.)

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