CHAPITRE VI
mal nécessaire, mal qui (^'ailleurs ne va pas sans compensations.
Si nous en croyons le témoignage d'un vénérable contemporain, les pensionnaires de la Providence en cette première année s'élevaient au nombre de quatre'. Apparemment il n'avait guère été possible d'enrecevoir davantage. Le collège à ses débuts connut les austères caresses de la pauvreté évangélique. Ici nous cédons la plume au biographe du Père Guidée ; le croquis tracé par le Père Grandidier peut en effet servir d'illustration à cette partie de notre Histoire; ce qui nous est rapporté d'Amiens se renouvela à peu près partout où les Jésuites entreprirent des collèges. « Trois maisons, séparées d'un côté par deux rues et de l'autre par une longue cour rendaient les communications très difficiles. Les appartements trop peu nombreux ne suffisaient pas pour loger tout le monde; faute de local spécial pour se réunir pendant les récréations, la communauté se réfugiait chez le Père Recteur ou chez le Père Préfet; faute de salle de classe, les professeurs de Philosophie et de Sciences, de Rhétorique et de Seconde devaient recevoir les élèves dans leurs cham.bres ; plus mal partagés encore, les autres professeurs avaient pour classe quelque réduit obscur jadis cuisine, ou un passage étroit jadis corridor, et pour chambre une mansarde ou un galetas. Point de jardin pour aller prendre l'air après les heures de travail; presque point de livres pour aider les maîtres à préparer leurs leçons. La bibliothèque communale était la bibliothèque de l'école, comme les boulevards en étaient le jardin^,.. » Ajoutons, avec l'orateur du cinquantenaire, que l'humble chapelle se trouvait au second étage d'un vieux bâtiment.
Pour nous servir d'une expression ambitieuse, la
1. Voir le discours prononcé par M. "Victor Gensse, ancien procureur de la République à Senlis, en la fête du cinquantenaire de l'École libre de la Providence, le 3o mai 1900. (Trente-troisième Compte rendu de l'Association des anciens élèves, p. 58.)