I. Les Jésuites à Metz, p. i
Stumpf signalait seulement un point noir, une dette de 860.000 francs. Il avait fallu compter quelque 450.000 francs pour l'achat seulement des immeubles de la vieille abbaye. C'était, sans tenir compte de l'amortissement, une charge de 40.000 francs d'intérêt annuel qui pesait sur le collège à sa naissance. Mgr Dupont des Loges ne crut pas qu'il fût « juste » d'en laisser tout le fardeau aux nouveaux propriétaires. En leur nom il fit appel dans une Lettre pastorale à la charité de ses diocésains : « Nous ne pouvons pas oublier, disait-il, que si, dédaignant les calculs de la prudence humaine et appuyés sur leur confiance en la Providence, ils ont acquis le vaste domaine de Saint-Clément, c'est pour doter cette ville et ce diocèse d'une magnifique maison d'éducation chrétienne et accomplir ainsi le vœu des familles les plus honorables... Souffrez donc, concluait le grand évêque, que, après avoir déposé nous-même notre humble offrande entre les mains des vénérables propriétaires de Saint-Clément, nous vous exhortions avec simplicité à nous imiter. »
A raison même de sa situation à proximité de la frontière, Metz était la capitale stratégique de la Lorraine ; l'élément militaire y dominait, et par suite la profession des armes y était fort en honneur, comme d'ailleurs dans toutes nos Marches de l'Est. Aussi, les Jésuites étaient à peine installés à Saint-Augustin que leur Supérieur, le Père Turquand, écrivait: « Avant peu, nous n'en pouvons douter, on nous demandera une école préparatoire aux écoles militaires du Gouvernement. » (6 Janvier 1853.) La Compagnie de Jésus n'avait encore à cette date aucun établissement de ce genre en France. L'idée partie de Metz pouvait donc paraître hardie ; il faut se souvenir que le Père Turquand avait jadis porté l'épaulette. Quoi qu'il en soit, les demandes ne se firent assurément pas beaucoup attendre. L'année suivante, l'école Sainte-Geneviève s'ouvrait à Paris ; et c'est sans doute ce qui fit d'abord ajourner l'établissement des Cours préparatoires à Saint-Clément. Lors de la distribution des prix de 1858, le Père Stumpf