Pierre Olivaint, p
de « ces larmes qu'on aime à voir répandre », là distribution mensuelle des témoignages ^ les académies avec leurs dignités et leurs séances solennelles, tous ces stimulants du travail, et si l'on veut de l'amour-propre des écoliers, ont été couramment mis en œuvre, et avec combien d'autres, dans les modernes établissements d'éducation des Jésuites. Des gens du dehors qui en furent témoins n'ont pu s'empêcher d'en parler avec éloge, quelquefois avec admiration*. Tel professeur universitaire a loué copieusement des pratiques analogues qu'il avait découvertes dans des gymnases allemands, ne se doutant pas qu'il aurait pu se dispenser d'aller chercher si loin*^. Nous n'entrerons pas ici dans plus de détails sur un sujet qui a été abordé à l'occasion du Plan d'études de Saint- AcheuP.
Si importante que soit l'instruction, l'éducation l'est davantage ; celle-ci absente, celle-là n'est pas désirable. Les partisans les plus résolus de l'institution universitaire, tout en revendiquant ce qu'ils appellent « la supériorité incontestable » de l'enseignement donné dans les maisons officielles, confessent que l'éducation y laisse fort à désirer; certains maîtres, en veine de sincérité, déclareat franchement : Nous ne donnons pas l'éducation. A cet égard on veut bien reconnaître la supériorité des établissements libres, et spécialement des établissements ecclésiastiques ou religieux. Seulement, pour diminuer ce que l'aveu a de pénible pour l'amour-propre, on en vient à déprécier l'éducation elle-même ; on affecte de la confondre avec une sorte de « civilité puérile et honnête » dont les gens sérieux n'ont que faire. Un maître distingué,
1. Cf. Albert Duruy. L'Instruction publique et la Révolution, Cb. iv, p. 271.