‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 285 sur 362 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

En ces années du milieu du siècle où la Compagnie de Jésus reprenait en France sa place dans l'enseignement, elle fut sollicitée par un bon nombre d'évêqu es de se charger de la direction de leurs Grands Séminaires. Indépendamment du manque de personnel, la Société, par suite de certains scrupules, témoignait peu d'inclination pour ce genre de ministère. On se demandait s'il était bien coniforme à la règle et à la tradition de l'Institut. Dès l'origine, les congrégations générales s'étaient prononcées à deux reprises au sujet des Séminaires épiscopaux; en principe, la Compagnie répugnait à s'en charger et ne le faisait que sur dispense du Père Général. 11 était expressément interdit aux Jésuites, de prendre, par leur vote, la responsabilité de l'admission des candidats aux Ordres sacrés ^. Toutefois, tenant compte des circonstances particulières de l'Eglise de France, une congrégation générale avait dans la suite déclaré qu'il y avait lieu de faire exception pour ce royaume. Elle s'en remettait au Père Général du soin d'accepter cette sorte d'établissements, et de poser les conditions que la prudence lui dicterait 2.

Nous avons vu le Père de Clorivière installer quelquesuns de ses premiers compagnons au Grand Séminaire de Soissons. Ils y restèrent peu de temps, et pendant toute cette première période, la Province de France, surchargée outre mesure par ses huit Petits Séminaires, dut décliner les offres qui lui furent faites dans plusieurs diocèses. Dès que parut à l'horizon l'aube de la liberté d'enseignement, les instances recommencèrent. Le premier prélat qui entreprit de confier la formation de son clergé à la Compagnie de Jésus fut l'évêque de Montauban, Mgr Doney. Nous avons dit comment il l'avait introduite dans son Petit Séminaire sans attendre le vote de la loi Falloux.

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