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CHAPITRE IX

Père de Ponlevoy l'a passé sous silence; sans doute il y a dans la vie de ce vrai fils de saint Ignace beaucoup de faits de plus haute importance ; peut-être n'y en a-t-il pas qui le fasse mieux connaître et lui soit plus honorable.

Note du R. P. Rubillon, Assistant de France à Rome. (Ch. I, p. 3.)

Dans ses Mémoires pour servir à Vllistoire de mon temps (t. VII, ch. xLiii) M. Guizot accuse les Jésuites d'avoir fait de subtils efforts pour donner à croire que Rome n'avait pas promis en leur nom tout ce qu'on exigeait d'eux, « d'avoir employé des dénégations équivoques, usé de procrastinations indéfinies y). (P. 441.) « Ils essayèrent de retarder ou même d'éluder l'exécution de la promesse faite à Rome en leur nom. » (P. 435.)

Si l'on met les faits en regard de la Note officielle du Moniteur, 6 juillet : « La Congrégation des Jésuites cessera d'exister en France et va se disperser d'elle-même. Ses maisons seront fermées et ses noviciats seront dissous », il est certain (et le Provincial de Paris, à cette époque, le déclara sans détour et sans crainte), que les Jésuites n'exécutèrent point ce qu'on exigeait d'eux, du moment que cet « On » désigne le Gouvernement de Louis-Philippe.

Les maisons de la Compagnie ne furent pas toutes fermées, pas même ses établissements d'éducation, quoique M. Guizot l'affirme (p. 435), par l'excellente raison qu'elle n'en avait alors aucun en France. Tous ses noviciats ne furent pas dissous, la Congrégation entière ne fut pas dispersée, elle ne cessa pas d'exister en France.

Cette conduite des Jésuites fut sans subtilité, sans équivoque, sans « procrastination » aucune ; elle fut, au contraire, selon toutes les règles de l'honneur et de la conscience la plus franchement délicate. Rien de plus facile à prouver.

Dans ces circonstances, avec qui les Jésuites eurent-ils à traiter ? Avec le Gouvernement français ? Nullement ; ni à Paris, ni à Rome, il n'y eut entre le Gouvernement et la Compagnie de Jésus aucune négociation, aucun rapport direct ou indirect. Cela fut de toute évidence pour le public d'alors.

M. Rossi déclare que « la négociation entre le ministre du Roi et le Saint-Siège est la seule qui se soit jamais établie^ la seule qui ait jamais pu s'établir avec dignité ». — Ainsi, de l'aveu de MM. Guizot et Rossi, les Jésuites de France n'ont eu à traiter qu'avec leur Général, et celui-ci qu'avec le Saint- Siège.

Donc, si les Jésuites en France ont exécuté sans subtilité, ni équivoque, sans procrastination, sans chercher à les éluder, les prescriptions de leur Général, si le Général à Rome a suivi avec promptitude et loyauté, je ne dis pas les ordres, pas même les conseils, mais les insinuations du Saint-Siège, les accusations de l'ancien ministre sont anéanties et je laisse à la bonne foi du public à en apprécier la valeur.

Mais rien n'est plus facile que de justifier ainsi et les Jésuites en France, et leur Général à Rome. Commençons par celui-ci.

M. Rossi déclare (p. 4^i3) que le P. Général n'a pas eu connaissance du texte des résolutions convenues entre le cardinal Lambruschini et lui. On s'est 'contenté d'un à peu près, de termes un peu vagues.

« Tout naturellement, le Général s'en est tenu au minimum. »

On déclare {p. 436) « que le Saint-Siège désire laisser aux Jésuites le mérite d'un acquiescement volontaire. On y consent sans difficulté, pourvu que les engagements contractés devant l'autorité et sous la garantie du Saint-Siège soient loyalement accomplis. »

Comment ces engagements furent-ils contractés devant l'autorité du Saint-Siège et quels furent-ils? Nous ne ferons que répéter ici ce qui est depuis longtemps du domaine de l'histoire. Deux cardinaux, pieux et chers à la Compagnie, furent envoyés vers le Général des Jésuites; ils lui représentèrent les

conséquences que pourrait entraîner son refus de toute espèce de concession. Cette entrevue * avait lieu le 13 juin, après neuf heures du soir, et le 14, le P. Général écrivait aux deux Provinciaux de France, les engageant à disperser les maisons de Paris, Lyon et Avignon. — Sur de nouvelles insinuations venues de la même source, sinon par le même canal, dans une seconde lettre, du 21 juin, auxtrois maisons désignées le 14 le P. Général ajoutait Saint-Acheul etles noviciats nombreux. Il recommande de diminuer dans ces maisons le nombre des ecclésiastiques, de manière qu'un agent du pouvoir s'y présentant n'y trouve pas de prise; il insiste pour que tout s'accomplisse doucement et sans éclat.

EtparcequeM.Rossi ne cessait d'insister pour obtenir davantage, le R. P. Roothaan, avec la plus entière franchise, exposa par écrit au Saint-Père que, d'après l'Institut, le Général n'a pas le droit de dissoudre un seul collège, beaucoup moins deux Provinces entières. Par conséquent, si quelque chose de plus était exigé, il supplie Sa Sainteté de lui donner un ordre formel. Il pourra toujours obéir au Vicaire de Jésus-Christ; mais, de son autorité personnelle, le Général ne peut aller au delà des concessions déjà faites.

Dans toute cette conduite du Général à Rome, on ne trouve que franchise et promptitude. Les subtilités, les équivoques, les procrastinations, les rencontrera-t-on dans les Jésuites de France chargés d'exécuter les ordres de leur Général ?

Pas davantage.

Après la réception de la lettre du 14 juin, suivie de très près delà Note officielle d\i Moniteur, 6 juillet, si affirmative et transformant en une destruction totale la diminution de trois maisons, le Provincial de Paris partit pour Rome, afin de savoir au juste ce qu'on demandait de lui et de son collègue de Lyon. Arrivé àRome, il eut connaissance de la lettre du 21 juin, et par des explications verbales, il comprit l'étendue et le sens de ce qu'on demandait des deux Provinciaux.

Le 27 juillet il rentrait à Paris ; avant le 10 août, la maison

I. M. Rossi dit (p. 43a) : « Ce n'a pas été une petite affaire d'y amener (à la dispersion) le Conseil suprême des Jésuites. » Pure invention du diplomate. Les deux cardinaux parlèrent au Général seul, qui dut consentir, séance tenante, sans ses Assistants ; par conséquent, pour « les amener à la dispersion », il n'y eut ni petite, ni grande affaire.

de la rue des Postes était dispersée. Deux mois ne s'étaient pas écoulés que tout était accompli à Lyon, Avignon, Laval et Saint-Acheul, sans équivoque, subtilité, ni procrastination.

Je sais parfaitement que des régions administratives l'opinion contraire descendit dans un certain public; que des amis sincères de la Compagnie s'en émurent, persuadés à bon droit que le plus grand mal qu'elle pût subir, en ces tristes jours, était la tache de déloyauté dans l'accomplissement des concessions consenties. Un ecclésiastique fort distingué en fit l'observation au Provincial de Paris.

Tout en recevant ce bienveillant avis avec la reconnaissance qui lui était due, le Provincial fît observer que les concessions consenties, il les connaissait par Rome seulement et non par le Gouvernement, et puisque les prétentions de celui-ci dépassaient énormément les ordres reçus de son Supérieur, lequel seul, de l'aveu du Pouvoir, avait mission pour lui parler dans cette affaire, personne ne pouvait le taxer de déloyauté lorsqu'il aurait accompli franchement et intégralement les prescriptions de son Général.

Ces accusations ne s'arrêtèrent pas en France, elles allèrent jusqu'à Rome. Dans le courant de septembre, le R. P. Roothaan écrivit aux deux Provinciaux, leur recommandant l'exécution prompte et conforme auK conditions stipulées.

Les Provinciaux répondirent en exposant ce qu'ils avaient fait, en donnant les chiffres des Pères laissés dans les différents domiciles de Lyon, de Paris, de ceux qui avaient évacué Saint- Acheul, Avignon, Laval; ces chiffres furent soumis à qui de droit, et lorsque l'autorité compétente se dit satisfaite, alors seulement les Provinciaux cessèrent d'agir. Avant la Toussaint tout était terminé.

Et cependant, de l'aveu de MM. Guizotet Rossi, cette dispersion offrait de grandes difficultés matérielles, et ils avaient pris l'engagement de donner aux Jésuites le temps nécessaire pour l'accomplir.

M. Guizot se charge lui-même de faire justice des accusations qu'il a déversées sur les Jésuites, en déclarant (pp. 445- 463) qu'il avait obtenu « tout ce que nous désirions, dit-il, le strict nécessaire ; ce strict nécessaire s'exécutait. »

En présence de cet exposé fidèle, que deviennent les accusations portées contre les Jésuites ?

A propos d'une Lettre de Montalembert. (Ch. i, p. 5(5.)

Voiciquelques-unes des observations que nous crûmes devoir faire, en 1899, sur la lettre de Montalembert au P. de Ravignan publiée par le P. Lecanuet [Montalembert. Tome 11, p. 273) :

... Il y a bien des manières de servir T'ilglise et de combattre pour elle; tous ne peuvent briller aux premiers rangs. Les hommes supérieurs en n'importe quel genre sont rares... On peut donc sans rougir avouer la disette de grands hommes. On peut reconnaître encore que les anciens élèves des Jésuites se montrèrent généralement fort peu empressés de se ranger sous \'<x conduite de Montalembert; on verra plus loin pourquoi. Mais que, pendant trente ans, il ne soit pas sorti des collèges de la Compagnie de Jésus « un seul défenseur de l'Eglise », à qui le fera-t-on croire? Que les « vingt mille jeunes Français » formés par elle ne fournissent pas même à l'Eglise militante « des recrues de dernier ordre », allons donc! L'exagération poussée à ce point tourne au paradoxe et se réfute d'ellemême. Qu'on nous explique donc alors cette rage de tous les ennemis de l'Eglise, voltoiriens, parlementaires, gallicans, libéraux impies, coalisés contre ces malheureux collèges. A quoi bon crier si fort et se donner tant de mal pour exterminer des gens aussi inoffensifs? Il y a là un argument d'une force inéluctable. On a lieu de s'étonner que Montalembert l'ait méconnu dans ce cas particulier, lui qui le développait en un si magnifique langage à la Chambre des Pairs, trois ans auparavant... La haine de l'ennemi, d'après lui « toujours si clairvoyante », a été d'un avis contraire au sien sur les résultats de l'éducation des Jésuites.

Les huit petits séminaires, qui leur furent confiés par les ^vêques de 1814 à 1828, ont formé par centaines des prêtres et des religieux, par conséquent des serviteurs et des délenseurs de l'Eglise. La Compagnie de Jésus elle-même se recrutait parmisesélèves et, au témoignage du grand orateur, ces recrues n'avaient pas trahi «laconfîancequeles bons chrétiens ont coutume de mettre en la famille de saint Ignace ». Quant à ceux en plus grand nombre qui restèrent dans les rangs laïques, il est difficile de préciser la part qu'ils ont prise à la renaissance

religieuse qui a illustré le nom de Montalembert et de quelques autres... Mais il suffît de jeter un coup d'œil sur ce qui nous reste des catalogues de Saint-Acheul, pour y rencontrer une multitude d'autres noms qui rappellent aussi de beaux et honorables services rendus à la cause catholique... Pendant quatorze ans le petit séminaire de Sainte-Anne d'Auray vit affluer l'élite de la jeunesse de Bretagne. Je crois qu'on sera étonné d'apprendre que cette race de catholiques à tête dure n'a donné que « des êtres mous et torpides » ^.

On a publié le Lwre d'Or de Fribourg. On ne peut qu'y renvoyer ceux qui aiment à se renseigner par eux-mêmes. Ils y trouveront les noms de 4 évêques, de 50 prêtres séculiers, de 93 membres de divers Ordres religieux, de plus de 200 officiers, dont 16 généraux, de magistrats, d'hommes d'Etat, de diplomates, d'écrivains, de grands industriels ou commerçants. Plusieurs de ces noms ont été plus ou moins caressés parla gloire. Sur près de 2.000 élèves de toute nationalité, on y compte 1.237 Français. Il est «lise de constater que, partout et dans toutes les positions sociales, les élèves de Fribourg ont pris place parmi les chrétiens qui ont bien mérité de l'Eglise; dans les deux régions où ils se sont recrutés en plus grand nombre, celles de Lyon et de Marseille, ce sont eux qu'on a vus depuis lors en toute occasion prendre la tête du mouvement catholique. Autant en pourrait-on dire pour Brugelette et la région du Nord.

Il est vrai que, en 1847, au moment où Montalembert vitupérait avec tant d'âpreté, les anciens élèves des Jésuites, ceux de Fribourg et à plus forte raison ceux de Brugelette étaient encore trop jeunes pour avoir pu donner leur mesure. Mais c'était la même éducation que dans les établissements de la Restauration, donnée par les mêmes maîtres, avec la même méthode et dans le même esprit. Il serait bien étrange, en vérité, que l'arbre n'ait commencé à donner des fruits louables que du jour où il fut transplanté sur le territoire de la Suisse ou de la Belgique.

Montalembert parle de « vingt mille jeunes Français » qui

I. Voir Un collège breton, parFernand Butel. On y trouvera une liste d'anciens élèves de Sainte- Anne d'Auray qui suffirait à faire justice de l'incroyable objurgation de Montalembert.

auraient passé par les mains des Jésuites au moment où Fribourg venait d'être supprimé par l'intolérance libérale. C'est là un chiffre d'orateur ; en le réduisant de moitié, on serait encore au-dessus de la vérité. Tout compte fait, le chiffre réel ne dépasse pas sept à huit mille. Bien certainement ces quelque» milliers de Français catholiques ne méritent pas, sauf exceptions, le blâme cruel tombé sur leur mémoire le jour où l'on tira du Journal de Montalembert pour la livrer au public la lettre confidentielle qu'il adressait au Père de Ravignan dan» un accès de mauvaise humeur. Non certes, ces hommes de bien, dont un grand nombre comptèrent parmi les plus dévoués et les plus vaillants, ne se reconnaîtraient pas dans l'odieuse caricature échappée à la plume du célèbre orateur.

Mauvaise humeur bien explicable d'ailleurs, sinon pleinement légitime. Il serait en effet bien inutile de le contester, la plupart des anciens élèves des Jésuites étaient légitimistes, comme l'étaient l'immense majorité des catholiques d'alors; la noblesse surtout ne séparait pas sa foi monarchiste de sa foi religieuse. Or, entre Montalembert et ce parti, le dissentiment était absolu, l'opposition irréductible. A ceux qui le suivaient, Montalembert donnait pour mot d'ordre : « Au nom du ciel et de l'avenir, point de contact avec les légitimistes! » Réciproquement, aux yeux de ces gentilshommes catholiques Montalembert était une façon de transfuge et de renégat. Il leur arrivait de dire : « Plutôt M. de Robespierre que M. de Montalembert ! » De part et d'autre on allait aux extrêmes. Dans ces conditions les froissements étaient inévitables. Plusieurs fois sans doute les légitimistes refusèrent de s'enrôler sous la bannière du leader catholique, avec lequel eux non plus ne voulaient avoir « aucun contact ». Vraisemblablement, quand il les conviait à le suivre à la croisade pour la liberté religieuse, on lui faisait la réponse que nous avons entendue nous-même, avec des variantes, en des temps plus rapprochés : « Les maux de la religion sont le fait du régime que nous subissons ; commençons par le renverser; aidez-nous à ramener le Roi qui remettra tout dans l'ordre. »

Que parmi ces intransigeants se soient rencontrés d'anciens élèves des Jésuites, il n'y a pas lieu de s'en étonner. D'autres pourtant surent faire le sacrifice de leurs répugnances. L'historien de Montalembert cite dans une note les noms d'une

quarantaine de chefs de comités régionaux du parti catholique organisé par son héros. Chose curieuse, presque tous ces noms «e retrouvent sur les catalogues de Saint-Acheul, de Montmorillon, de Sainte-Anne d'Auray, ou même de Fribourg.

DéclaroLion des Pères Procureurs de la Compagnie de Jésus au Pape Pie IX. (Gh. ii, p. 105.)

Procuratores omnium provinciarum Societatis Jesu, de more Romam acciti pro congregatione triennali et ad negolia nostri Ordinis cum Praeposito generali tractanda, benignissima ac vere paterna humanitate qua Sanctitas Tua singulos excipere dignata est summopere devincti, jamjam in provincias redituri, acerbissimum animi sensum, quem aliunde conceptum attulimus, apud te, Pater sanctissime, censemus deponendum. Novimus enim, pi-aeter alias calumnias, etiam evulgari Jesuitas esse Sanctitatis Tuae studiis ordinationibusque adversos. Si aliam quamcumque calumniam alacres saepe et silentes toleramus, hanc certe injustissimam et nomini nostro maxime injuriosam sustinere omnino non possumus. Pupilla oculi nostri laeditur; quae enim Apostolicae Sedi nos devovet vocatio omnibus mundi bonis et vita ipsa nobis multo est pretiosior. Ad iniquissimam illam accusationem rel'ellendam Pater noster Generalis etiam in foliis publicis quae sit Societatis Jesu senliendi ratio palani declaravit; qua quidem declaratione omnium nostrum expressit mentem; credimus tamen nostri quoque esse muneris contra injustissimam hanc calumniam coram Sanctitate Tua reclamare, et ex certa quam singuli nostrarum provinciarum habemus scientia, profîteri ac testari Societatera Jesu, ubicumque terrarum existât, Sacrae Sanctitatis Tuae esse intime devotam, paternae Tuae providentiae toto corde et animo confidere, ac a Tua voluntate Tuoque nutu plenissime et in omnibus pendere. Dum haec filialis affectusfideique perennis sensa adpedes Sanctitatis Tuae submittimus, Apostolicam benedictionem nobis nostrisque provinciis impertiendam summa humilitate et submissione imploramus.

Sanctitatis Tuae Humillimi et devotissimi servi ac filii. Romae, 25 Nov. i8i7.

Vœu de Brugelette. (Ch. ii, p. 121.)

L'agitation révolutionnaire de 1848 s'étant étendue à la Belgique, le collège de Brugelette fut sérieusement menacé. Le Père Delvaux, Recteur, et ses Conseillers firent alors un vœu à saint Joseph. Si l'année commençant au 19 mars 1848 s'écoulait paisiblement, on s'engageait d'abord à célébrer un certain nombre de messes en l'honneur du saint Patriarche et ensuite à construire à la maison de campagne de BaufTe une chapelle commémorative. Le vœu fut exaucé, et voici les inscriptions qui se lisent aujourd'hui encore sur les murs de la chapelle :

Tibi Joseph

Dei Genitricis Vir

Ac Belgii Patrone

Sodales Soc. Jesu e Provincia Franciae

In Brugelettensi Collegio

XIII jam annis refugi

Sacrarium hoc vovimus Mense Martio

Anno MDCCGXLVIII

Uti pugnas seditionesque

Tota pêne Europa excitatas

Tu e cultoribus tuis prohiberes

Coeptumque Gollegii opus prosperares

Anno MDCGCXLIX Lapidem Sacrum Auspicalem

CELLAE statuit ALTARIS Joannes Roothaan

Ambrosius Rubillon Praepos.Generalis Societ.Jesu Praepos. Prov, Franciae Roma exsul

XIII Kal. April. V Kal. Octobr.

Anno MDCCCL

Aedes absoluta et rite expiata XVIII Kal. Decembr.

Quisquis nos juvit

Hune juvet Deus Optimus

Ac nomen ejus scriptum habeat

In libro vitae.

Anno MDCCCXLVIII

Rector Collegii Brugelelt. Soc. Jesu

Heic inscripta voluit eorum

Nomina qui pecuniam

In religiosum opus

Sacrariivotivi contuierunt

Et Pater Caelestis

Qui videt in abscondito

Reddat eis.

(Suit la liste des noms des donateurs.)

Ordinatio a R. P. Joan. Roothaan pro stiidiis superioribus

adR. P. Lud. Maillard Praep. Prov. Lugd. 6 Jan. 1850.

(Ch. III, p. 160.)

... Ex quo quidem examine, re diu multumque considerata cum PP. Assistentibus, in eam sententiam unanimi consilia devenimus nullo modo nos posse permittere utporro in scholis nostris taies doceantur sententiae, utpote legibus Instituti minime consentaneae. Jubemur enim sequi in quavis facultate securiorem et magis approbatam doctrinam, et iterum solidiorem et securiorem; vitare item jubemur sententiasquae discrepantabeo quod Ecclesia et ejus doctores communiter sentiuirt.

Neque tamen aut orthodoxiam Patrum qui talia docebant in dubium vocamus ullo modo, aut illas illorum opiniones absolute condemnare intendimus, cum hoc sit altioris auctoritatis; quin etiam persuasum nobis est Patres illos optima intentione id agisse, ul grassantes bis temporibus errores nova argumentandi ratione confularent. At videtur nobis tantum abesse ut laudabilem illum scopum attingerent, ut potius in extrema praecipiti ora incedentes, eos qui se sequerentur gravissimo periculo in illos ipsos errores prolabendi exponerent.

Propositiones in Societate non propugnandae.

Ex Philosophia :

1°. — Idea Dei actualis et formalis est intellectui humano essentialis, ejus constitutiva, prima omnium, sola positiva ac proprie idea.

2". — Existentia Dei est perse nota, non tantum quoad se sed etiam quoad nos.

3°. — Deus in simplicissima sua unitate continet realiter, licet absque forma, entia omnia distincta et diversa. Unde :

a) Deus, ut ens simpliciter, est omne ens existens.

b) Supra, extra et praeter Deum nihil est.

c) Deus est totum, ita ut non detur médium inter Deum et nihil,

d) Ens, quatenus ens, ita est ut nunquam possit non esse.

6°. — Deus solus per causas creatas agit; nulli autem creaturae competi potest potentia seu vis propria et intrinseca agendi ad extra, seu agendi ut causa per se solam efficiens ; sed quando agit creatura, agit ipsa Dei actione, seu Deus per eam. Hinc :

b) Anima non potest per se et vi propria movere etiam proprium corpus.

c) Corpora carent vi intrinseca et proprie activa, sed habent solum aptitudines.

Ex Theologia :

9°. — Ens supernaturale consistit in Dei, ut Dei, intima, physica et substantiali communicatione menti facta et unione inde orta; ex qua menti accedit nova potentia agendi ipsomet Dei actu, qui sic menti proprius fit ut actus Dei et actus mentis sintnumerice unua et substantialiterfacultatibus mentis uniti...

11°. — Actus quibus justificamur Deus in nobis producit non tantum ut causa efficiens, sed ut causa formalis, seu ut forma informans mentem creatam. Gratia autem habitualis seu sanctificans est ipse Spiritus sanctus intime, physice, substantive ac personaliter voluntati unitus, eam informans et faciens ut

anima actu illo divino sibi unito peramanterDeum amet.Unde Gratia non est aliquid creatum, sed increatum et improductum quid proprie dicenda est.

11°. — Hominis satisfactio pro peccatis in eo consistit quod Christus ei actus suos infundat et homo per eos, ut jam vere suos, peccatum retractet et debitum solvat.

Quas omnes propositiones, etsi nonnullae, ex philosophicis praesertim, possent quidemut merae opiniones utcumque pei'mitti, cum tamen nec communiter admissae nec satis firma ac probata ratione nixae sint ut tanquam certae et indubitatae doceantur,multoque minus ut assumantur velut fundamentum ac basis omnis ratiocinii in quaestionibus ad doctrinam fîdei pertinentibus, ideo omnes et singulas ex nostris scholis proscriptas volumus. . .

Masailiae, die 6 Januarii 1850.

Joannes Roothaan.

Sur le tombeau du P. Julien Maunoir. (Ch. m, p. 181.)

Dans la chapelle du lycée de Quimper, une table de marbre scellée dans le mur porte l'inscription suivante, faite par Mgr l'évêque :

Cor

R. P. Juliani Maunoir in hoc sacello deposîtum

Anne 1683

RR, Episcopus Corisopitensis /

Nuperrime recognovit

Et hic subtus condendum

Pia veneratione curavit

Anne 1847.

Dans l'église de Plévîn, au diocèse de Saint-Brieuc, sur le sol, devant le maître-autel, une grande dalle de marbre porte cette inscription :

Tad Maner

Ci-gît le P. Julien Maunoir, de la Compagnie de Jésus.

Après 43 ans de Missions dans la Basse-Bretagne, Il mourut en odeur de sainteté à Plévin

Le 28 juillet 1683

E^'angelizare pauperibus misit me. Luc. iv.

Sur le collège de New-York. (Ch. v, p. 298.)

Le Père Boulanger venait de régler avec l'évéque la question du collège de la Compagnie à New- York. Voici un extrait de la correspondance échangée à ce propos entre le Général et le Père Fiubillon, Provincial de Paris.

Le Père Général écrit le 20 juin 1850 : « Il est trop tard maintenant pour revenir sur un acte consommé et revêtu de toutes les formalités légales. Mais il est vraiment regrettable que nous nous soyons dépouillés bénévolement de la propriété d'un terrain acheté de nos propres deniers et de celle de l'église et du collège que nous bâtirons sur ce terrain à nos propres frais... Je crains que cette conventionné devienne, même bientôt, une source de désagréments. »

Le 13 juillet, le Père Rubillon explique la conduite du Père Boulanger : « On m'assure que les conciles de Baltimore, approuvés à Rome, ont réglé qu'aucune quête ne se ferait sans une permission écrite de l'évéque.., que les églises érigées ainsi par des quêtes appartiendraient au diocèse, ainsi que leurs revenus, bancs, quêtes, casuel. A New-York en particulier la chose se pratique ainsi. Et cependant nos Pères étaient dans l'impossibilité de bâtir un collège sans quêter, et sans avoir pour payer les frais les revenus provenant d'une église ou chapelle publique. On délibéra sur la question de quitter New- York ou d'acheter un terrain pour y bâtir une église et un collège. Monseigneur interrogé encouragea à suivre ce dernier parti et promit son concours. On acheta le terrain 37.000 dollars (194.250 fr. environ). On alla ensuite demander à Monseigneur

l'autorisation pour quêter, lui rappelant qu'il avait encouragé et promis son concours. Le prélat répondit que ce concours il ne l'avait point entendu de la permission de quêter. Nos Pères se trouvèrent alors dans un cruel embarras, avec un terrain de 200.000 fr. sur les bras. 11 fallait sortir de cette impasse. On négocia avec Monseigneur. C'est alors qu'il permit ou de bâtir sans quête collège et chapelle publique, ou de bâtir avec quête collège et église paroissiale, insinuant que dans ce cas la propriété de cette église devrait être passée à l'évêque. C'est à ce dernier parti que nos Pères s'arrêtèrent : 1" parce que c'est dans ce cas seulement qu'on aurait permission de quêter; 2° parce que, vu les dispositions du clergé, si nous n'avions qu'une chapelle (et non une paroisse), avant un an les réclamations du clergé des paroisses en auraient obtenu la fermeture. Et la propriété a été effectivement transférée par un acte légal à Monseigneur. »

YIII

Programmes des drames latins donnés au collège de Metz en 1856 et 1857. (Gh. vm, p. 487.)

R. P. Leoni Turquand,Collegii Metensis S. J. Rectori, alumni Rhetorices academici Alfridus de Geyer, Josephus Elirmann, Eugenius Aweng, Vedastus du Coetlosquet, Augustus de Lestard

BIAPHONUJM, drama historicum

Reverenter dedicant auctores et adjuvantibus condiscipulis Henrico de Rugy, Josepho Berrard, Eduardo de Morlaincourt, Paulo de Geyer. Die 8 Julii 1856.

(P. de Charlevoix, S. J. Histoire générale de la Nouvelle^ France, liv. XIII, année 1687).

DnAMATis Pehsonae

Hegbmon (Cavelier de la Salle) Dux expeditionis Quebecum, jussu Ludovici XIV, emissae ad investiganda Mississipi fluminis ostia.

AvuNGULus Adelphii (Morangct)

occisi Vedastus du Coetlosquet.

Archiphonte (Duhaut) particeps

expeditionis, homicida Augustus de Lestard.

Synaetius (Liotot) arnicas Archi-

phontae, particeps expeditionis, homicida Josephus Berrard.

Metochus (Hiens) nauclerus, ami-

cus Archiphontae et Synaetii,

in scelere consors Henricus de Rugy.

BiAPHONius (de Marie) Centurio

Hegemonis, ad consortium sce-

leris coactus Alfridus de Geyer.

LocHAGus(Joutel)Praefectusadju-

tor Hegemonis , Eduardus de Morlaincourt.

Hylobius, sylvicola Josephus Ehrmann .

Neotebus, Hylobii filius Paulus de Geyer.

Hyperetes, Hegemonis famulus. Eugenius Aweng. Nautae quatuor : Carolus Breck, Paulus de Ghevigny, Aloïsius

Loïez, Ludovicus Zugmeyer.

Actio peragitur in Americae sylvis,non procul ab ostiis flumi' nis Mississipii.

Si l'on s'intéresse au sort des treize acteurs de 1856, on voit que, trente-six ans après, trois sont morts : Aloïs Loïez, en 1857, presque encore au collège; de Rugy,offîcier de cavalerie, en 1870; de Lestard, en 1887 à Lorient, où il occupait le poste de contrôleur principal des contributions directes. Cinq se sont si bien trouvés de la règle de saint Ignace qu'ils n'ont point voulu la quitter. L'un d'eux, Joseph Erhmann, sans qu'il l'eût cherché assurément, fut même Provincial de la Province de Champagne. Parmi les autres, deux militaires : un colonel du génie, l'autre commande un régiment d'infanterie ; un ancien inspecteur des forêts et un ingénieur qui dirige le plus important établissement métallurgique de la Lorraine. [Le Collège de Metz, par Viansson-Ponté, p. 407.)

CAMPIANUM

Drania historicum occasione Festi onomastici R. P. Leonis Turquand Rectoris collegii S. J. Metensis, Discipuli academici

e classibus Philosophiae, Rhetoricae, Humanitatis et Grammaticae repraesentant actores. Die 1 Julii 1857.

(Crétineau-Joly, Histoire delà Compagnie de Jésus. Tome II, ch. V.)

Dramatis Personab

Campianus Presbuter Societatis

Jesu, proscriptus Eduardus de Morlaincourt.

Yatesius Lyfordensis castelli dominus, catholicus Alfridus de Geyer.

Elliotius Apostata angîicanus,

olim catholicus nomine Pseu-

dopistus Josephus Berrard.

Mysthocyon Elliotii adjutor Léo Altmayer.

AsTYNOMUs Praetor Norvicensis. Eugenius Aweng. Xylander Lignarius ex Yatesii

familia Paulus de Geyer.

Thyraeus Lyfordensis castelli ja-

nitor Paulus Le Mercier.

DiOBCETES Yatesii oeconomus, . . Augustus Peyssard.

Elpidius Yatesii filius Carolus Chlapowski.

Neaniscus Xylandri filius Henricus Bertrand.

Satellites Astynomi.

Rustici.

Actio peragitur in Norfolciensi comitatu^ non procul ah urbe Norçico, partim juxta Lyfordense castellum, partini in ipso caste llo.

Une Séance Académique. (Ch. vin, p. 489.) (Extrait de Vie de Collège, F eradindBuiel, p. 24.)

Le meilleur moyen de rendre compte des procédés et de la mise en scène employés le plus souvent dans les séances académiques dont nous parlons sera, je crois, de transcrire en détail un programme choisi parmi cent antres.

Le 8 juin 1868, l'académie d'Humanités donnait, à Saint-François-Xavier de Vannes, une séance littéraire sur le Dernierjour

de Constantinople. La prise et le sac de cette ville, en 1453, dans des circonstances si dramatiques, est l'un des événements les plus décisifs et les plus intéressants de l'histoire. Voici comment il fut développé par nos jeunes académiciens.

La séance se composait de trois parties, séparées par des intermèdes musicaux. Au commencement, un tableau historique ô-Q Constantinople au XV*^ siècle met les spectateurs au courant de la situation générale. Nous connaissons les causes de l'événement qui se prépare; les personnages vont entrer en scène. Une narration latine nous montre le grand vizir de Mahomet, Hali-Bassa, s'entretenant avec son maître, et lui désignant Bysance comme le terme nécessaire de ses conquêtes. Puis, dans un parallèle historique en français, en facede Mahomet, ambitieux, fanatique, cruel, apparaît le dernier des Césars, Constantin Paléologue, généreux, noble et doux sous sa forte armure. Qui, de la civilisation chrétienne ou de la barbarie va l'emporter ? Nous voilà aux prises avec la question d'Orient du moyen âge. Les préparatifs du siège se font départ et d'autre; une ode latine appelle aux armes les défenseurs de Constantinople.

Le second acte s'ouvre dans le palais de Constantinople ; nous allons assister à une scène dramatique entre les chefs de la garnison,

Phranza, ami de Constantin, lui expose la situation, malheureusement trop exacte, de la ville : les remparts délabrés, la population découragée, ébranlée par les intrigues de certains ambitieux, notamment Notaras, dontla loyauté inspire des doutes. L'empereur se redresse et ranime le courage de son confident ; il faut donner au peuple l'exemple de l'énergie et de la confiance en Dieu. Pour lui, sa résolution est prise : il se défendra jusqu'au bout.

Resté seul, l'assurance dont Constantin avait faitpreuve vis- <î-vis de son ami tombe, et soudain lui apparaît la sombre horreur de la situation : l'Europe sourde à ses appels, la garnison décimée, le nombre de ses fidèles sans cesse réduit, le flot des assiégeants sans cesse grossissant. L'angoisse lui serre le cœur; ma-is bientôt, levant son regard vers le ciel, il refoule le découragement naissant et reprend tout son empire pour recevoir ses généraux.

Ils se présentent : Isidore le légat duPape, Justinienle général vénitien, Jean Comnène, Notaras, tous enfin. La délibération

s'engage ; le résultat en est que la résistance est encorepossible et doit être continuée avec acharnement. Vainement Notaras insinue-t-il que certains arrangements nesontnullement incompatibles avec l'honneur; l'empereur reçoit de tous les autres des protestations chaleureuses.

On annonce un émissaire du sultan. C'est Hali-Bassa qui vient ofîrir aux assiégés d'abandonner Bysance avec les honneurs de la guerre. Constantin le repousse avec indignation et le vizir se retire en menaçant, pendant que l'Empereur adresse quelques paroles enflamméesà ses braves compagnons, pour leur distribuer leur dernier rôle et leur donner rendezvous sur le rempart.

Le dialogue dont la trame vient de se dérouler porte le nom justifié d'Oraison funèbre de T Empire.

La troisième partie nous fait approcher du dénouement. On raconte d'abord comment Constantin s'est rendu à Sainte-Sophie, entouré de tout son peuple, pour implorer une dernière fois le secours du ciel.

Enfin l'assaut est donné. Dans un récit rapide, passent sous nos yeux les péripéties du combat, la brèche ouverte aux remparts, l'armée se précipitant dans la ville, le carnage. Cependant, à Galata, Constantin résiste encore; enfin, il tombe sous l'effort, et avec lui tombe l'empire grec. Ce dernier drame est célébré dans une élégie latine. Quand on nous aura retracé jie triomphe de TNÎahomet entrant à cheval dans Sainte-Sophie, une dernière narration poétique chantera un autre triomphe, celui de Constantin, recevant au sein de Dieu la récompense de son martyre...

De bonne foi, y a-t-il, dans ces grands et chaleureux sentiments développés et mis en scène pendant une soirée, de quoi énerver et attiédir les cœurs des jeunes spectateurs ; ou ceux-ci ne doivent-ils pas sortir de là meilleurs et l'âme plus ouverte à l'idée du sacrifice ?

Decretum divisioiiis Provinciae Lugdunensis. (Ch. IX, p. 522.)

Johannes Roothaan Praepositus Generalis Societatis Jesu

Cuni propter domorum numerum diffîcilior évadât in dies Provinciae Lugdunensis gubernatio, re diu raultumque coram Deo considerata, auditis etiam in consultatione RR, PP. AA., praesenti hoc deci-eto declaramus Provinciani Lugdunensem Societatis Jesu in duas divisam Provincias, quarum altéra orientem versus, retento nomine Provinciae Lugdunensis, doinos ulramque Lugdunensem, residentiam videlicet et donium Exercitiorum juxta aedem B. M. V. Fori veteris, Aquensem, utramque Avenionensem, nempe domiim Prohationis et coUegium, Dolanam cum collegio, Gratianopolitanam, Lalovescanam, Massiliensem, Minus Seminarium Molinense, collegia Mongrense et Sancti Stephani et slationem in Sabaudia complectitur. Altéra vero versus occidentem, antiquo nomine Provincia Tolosana nuncupata, domos habet utramque Tolosanam, domum Probationis videlicet et collegium, Burdigalensem, Castrensem, Monspeliensem et Valsensem, coUegia Sanctae Mariae ad Sylvam Majorem prope Burdigalum, Mimamente cum Majore Seminario, et Sancti Alïrici, Majora seminaria Aturense, Montalbanense et Sarlatense. Exteras quoque Missiones ita inter utramque Provinciam dividimus, ut ad Provinciam Lugdunensem spectent donius quae in Syria, Algeria et Missione Neo-Aurelianensi formantur; ad Tolosanam vero Missiones Madurensem et insularum Bourbon et Madagascar. Ipsos denique utrique Provinciae praeficiendos praepositos juribus et facultatibus Provincialium juxta nostras constitutiones instructos declaramus. Piomae die 7 augusti 1852.

(Gh. IX, p. 524.)

Voici ce qu'un scolastique de Rome écrivait, le 3 juillet, sur l'élection :

« Nous avons été quatre jours enfermés dans la maison, sans que personne pût sortir, à moins d'une nécessité majeure,

jugée telle par le Révérend Père Vicaire. 11 en était de même dans nos autres établissements de Rome. Des œuvres de pénitence nous étaient prescrites en vue de la prochaine élection; le Saint Sacrement était exposé deux heures par jour, et nous demandions au Seigneur par de ferventes prières de vouloir bien faire connaître l'homme de sa droite, celui qu'il avait luimême choisi. Le dernier jour du qnatriduum, samedi 2 juillet, a été le plus important et le plus fécond en saintes émotions. De grand matin, tout était disposé dans l'église du Gesù pour la messe qui devait avoir lieu à cinq heures. Tous les Pères électeurs s'y sont rendus en procession et se sont placés dans l'église, d'abord autour de la table de communion, préparée à cet effet; et ensuite, comme elle ne sufTisait pas, ils se sont rangés en deux lignes autour d'une enceinte formée dans la nef, à partir de la table de communion; un espace vide était laissé au milieu pour que le célébrant et ses assistants pussent passer aisément au moment de la communion. Les Pères et Frères des autres maisons de Rome se sont pareillement rendus à la cérémonie, marchant en procession et chantant des prières tout le long du chemin. Dans l'église, ils ont occupé avec beaucoup d'ordre l'espace qui leur était assigné. A cinq heures précises, le Révérend Père Vicaire commençait la messe du Saint-Esprit, à laquelle tous les Pères électeurs ont communié. Le saint sacrifice terminé, ils sont allés en procession, et en chantant le Vejii Creator, à la salle de réunion. A peine étaient-ils entrés, que les deux portiers d'office ont fermé la porte à clef; nul électeur ne devait sortir, nulle personne étrangère ne pouvait entrer que l'élection ne fût faite., Nous tous qui n'avions pas droit de suffrage, nous sommes revenus à l'église, au chant des litanies des Saints; le Saint Sacrement a été exposé, et nous avons continué de prier pour l'heureux succès de l'élection. Dès qu'elle a été faite, les Pères électeurs sont revenus en procession, conduisant le Très Révérend Père élu, chantant des hymnes d'action de grâces, etbénissantle bon Dieu de l'heureux choix qu'il leur avait inspiré. Maintenant on va commencer au premier jour la congrégation générale, et traiter les affaires qui intéressent la Compagnie. Nous ne pouvons rien dire ni pressentir sur le temps de sa durée; aussi nous abandonnons tout à la Providence, si bonne pour nous, si paternelle en tout ce qui nous concerne.

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