I. Le P. F. Grandidier. Vie du R. P. AcliiUe Guidée, p
adhésions à la consultation. — 4° Si, ce que nous ne croyons pas probable, l'autorité civile voulait agir pour dissoudre votre maison, avant que nous ayons connu et que vous ayez recules ordres de Rome à ce sujet, vous demanderez à l'autorité un délai raisonnable, jusqu'à ce que vous ayez connu les ordres en question. » (6 Juillet 1845.)
Toutefois l'alarme ne fut pas de longue durée. Dès le lendemain, 7 juillet, on recevait à Paris une lettre adressée de Rome par le Père Rozaven aux deux Provinciaux de France. Elle portait la date du 28 juin :
« Vous savez déjà sans doute, disait le Père Assistant, que M. Rossi a complètement échoué dans sa mission... On fera peut-être courir le bruit de quelques concessions qu'aurait faites le Saint-Siège; mais n'y ajoutez pas foi. Le fin diplomate n'a rien obtenu, ni par ruse ni par intimidation. Il faut pourtant lui rendre la justice qu'il a employé tous les moyens en son pouvoir pour persuader que son Gouvernement, en toute cette affaire, est animé des sentiments les plus bienveillants pour la religion, et pour dépeindre toutes les fâcheuses conséquences auxquelles l'Eglise et le Saint-Père seraient exposés, si le Gouvernement pontifical n'entrait pas dans les vues du Gouvernement français. ]\Iais tout a été inutile, il n'a rien obtenu, absolument rien... »
Les Jésuites étaient donc rassurés sur le point capital : ils n'avaient point été sacrifiés par le Saint-Siège. A vingtquatre heures de distance une seconde circulaire fut envoyée à toutes les maisons de la Compagnie. On y lisait :
« Nous avons eu le tort, hier, de croire à la possibilité de la triste nouvelle que donnait le journal officiel du Gouvernement. Nous vous avons ainsi profondément affligés, comme nous l'étions nous-mêmes. Depuis lors des témoignages nombreux et irréfragables nous ont mis en mesure de rétablir les faits, de reconnaître que la nouvelle en question est un mensonge odieux et un outrage de plus jeté au Saint-Siège et à la vérité, par conséquent de vous envoyer aujourd'hui la consolation que nous éprouvons.