CHAPITRE II
Pourquoi ne se contentent-ils pas « de faire les vicaires isolément»? Il prétend que le pape l'approuve, quand il dit qu'on doit tenir compte de l'opinion publique qui repousse les Jésuites. (7 Décembre 1846.)
Que Pie IX ait été harcelé par le rusé diplomate, pendant la première année de son pontificat, sur cette question irritante, la correspondance conservée aux Archives nous en fournit des preuves surabondantes : « Dans l'audience que j'ai obtenue le 4 de ce mois, écrit le Père Roothaan, Sa Sainteté m'a pleinement rassuré au sujet des démarches qui pourraient être faites auprès d'Elle par le Gouvernement français...» (8 Mars 1847.) Plus explicite encore est la réponse du Provincial de Paris à une communication du Père Général : « Le mot du Saint-Père : Pour cela (supprimer les Jésuites en France), je ne le ferai pas in aeternum^ m'a beaucoup consolé. C'est une parole de vie... J'en ferai part prudemment à nos amis qui, à force de l'entendre dire sur tous les tons, finiraient par se persuader que Sa Sainteté est hostile ou du moins faible à notre endroit. » (11 Juin 1847.)
On sait de quelles acclamations furent saluées par les factions révolutionnaires les premières réformes de Pie IX. Toutes les espérances "semblaient permises avec un pape ami de la liberté. Il était impossible que les Jésuites ne portassent pas le contre-coup de cet enthousiasme. Déjà Gioberti les avait dénoncés aux fureurs populaires'. La presse française se devait de les représenter à son tour comme les fauteurs de l'opposition au Pontife libéral. Le 27 août 1847, le Courrier français publiait une correspondance de Rome où on lisait: « Le parti jésuite rétrograde est en complot permanent contre Pie IX... La Sardaigne paraît soutenir Pie IX, mais le parti jésuite est puissant en Piémont... On est convaincu que le parti austro-jésuite fait tous ses efforts pour déterminer la chute du cardinal Ferretti. » Cette fois le Père Roothaan crut devoir surmonter