‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 72 sur 362 · I. Circulaire du 12 mars · texte numérisé non relu

I. Circulaire du 12 mars

puis transféré à Vannes, se déclarait l'ami et le protecteur des missionnaires. Tel encore le commissaire de la Haute-Loire, docteur Toussaint-Bravard, socialiste de marque, qui arrivait au Puy précédé d'une réputation dont les honnêtes gens avaient le droit de s'alarmer. Déjà l'agitation des clubs avait donné des inquiétudes sérieuses; isolé de la ville, le scolasticat de Vais pouvait d'un moment à l'autre être envahi par une foule ameutée. On crut devoir céder; les jeunes religieux en habits laïques se réfugièrent dans des maisons amies. Toutefois l'alerte fut de courte durée. Au bout de huit jours chacun avait repris sa soutane et se retrouvait dans sa cellule. Le Supérieur, le Père Joseph Bon, prit le parti d'aller au-devant du danger. Il se rend auprès du commissaire et lui déclare sans détour que Vais est une communauté de Jésuites et qu'il a besoin de savoir si la République leur garantit la vie et la liberté. Bravard se montra bon prince ; il promit pour son compte de ne point inquiéter les Pères ; que si d'ailleurs il recevait de Paris des ordres qu'il ne pût se dispenser d'exécuter, on serait prévenu pour avoir le temps d'aviser. — « Au reste, dit-il au Père Bon en le congédiant, vous me faites l'effet d'un brave homme; j'aime votre franchise; puis vous ne vous plaignez de personne; je trouve peu de gens comme vous, »

La maison de Vais ne fut point molestée ; il en fut autrement à Lyon. Le commissaire était Emmanuel Arago, fils de François Arago membre du Gouvernement provisoire, et qui lui-même devait en 1870 faire partie du Gouvernement de la Défense nationale. Dès les premiers jours de la révolution, des troubles avaient éclaté dans la ville parmi la nombreuse population ouvrière. De son côté le maire du faubourg de la Guillotière avait obligé les Capucins à évacuer leur maison. Un des premiers actes du commissaire fut de lancer un arrêté dont voici le texte : « Au nom du Peuple, les Congrégations et corporations religieuses non autorisées, et spécialement la Congrégation des Jésuites, sont etdemeurent dissoutes...»

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