CHAPITRE III
ne peut rien connaître. C'est ainsi qu'il faut entendre que le Verbe éclaire tout homme venant en ce monde, parole que Malebranche traduit en langage philosophique : « Le Verbe est le lieu des intelligences, comme l'espace est le lieu des corps'. »
Tel est le point de départ de tout le système, lequel s'étend à toute la connaissance humaine, se nuançant et se diversifiant à l'infini, depuis l'ontologisme bénin jusqu'au panthéisme intégral-.
Il faut avouer que cette idéologie ouvre de beaux horizons à la spéculation philosophique et théologique, comme on peut le voir dans telles pages de Bossuet^, telle méditation de saint Augustin^, ou encore dans « les rêves pieux de Malebranche ». On y trouvait d'ailleurs le moyen de s'affranchir des constructions quelque peu artificielles et arbitraires de la scolastique aristotélicienne, et on entrevoyait déjà le renouvellement de toute la Théologie, trop imprégnée d'une métaphysique à laquelle on reprochait sa parenté avec le sensualisme de Locke et de Condillac.
1. Cette formule iigure en épigraphe au frontispice de l'édition des œuvres de Malebranche, par MM. de Genoude et Lourdoueix. In-4'',
2. Il faut voir dans le Cours de Philosophie de l'abbé Fabre d'Envieu comment, de l'idée innée de « l'Être sans bornes », naissent tous les autres concepts nécessaires aux opérations intellectuelles,