I. Lettre du P. Guidée au 11. P. Roothaan, 27 décembre i
M. Guizot lui-même raconte que c'est dans ce but qu'on lui confia une nouvelle mission, toute gracieuse et honorable, auprès de la Curie Pontificale; il s'agissait de demander deux chapeaux de cardinaux pour deux prélats français. Disons tout de suite qu'il essuya un double refus. Il fallut que le Roi intervînt de sa personne ; il adressa au Pape une lettre autographe et confidentielle, où il donna de si bonnes raisons que Grégoire XVI se laissa toucher et accorda un chapeau pour l'archevêque d'Aix,MgrBernet. On consola M. Rossi en le nommant ambassadeur1. En même temps l'abbé de Bonnechose était appelé à la Cour, chargé lui aussi d'une mission à l'occasion du conclave, puis fait évêque de Carcassonne.
Cette obstination a accréditer un mensonge injurieux pour la papauté irritait profondément certains catholiques militants. Nous voyons par une lettre du Père Rubillon que l'on songeait à publier une brochure où les succès du plénipotentiaire français seraient réduits à leur juste valeur. On était en mesure de démontrer que sa mission avait abouti à un échec diplomatique incontestable, que, par suite, le ministère qui publiait comme un triomphe le résultat de ces négociations avait été dupé ou cherchait à duper le public. (14 Décembre.)
Voici qui est plus explicite encore : «... Plus d'une fois, écrivait le Père Roothaan,je lui ai parlé (au Saint-Père) du désir de plusieurs prélats, entre autres du cardinal archevêque de Lyon, que le Saint-Siège donnât un démenti officiel aux assertions du Gouvernement. Le Pape m'a dit alors : Qu'ils publient les réponses que j'ai données à leurs lettres 2. Mais cette obscurité, qui reste
i. On sait que, en iS'48, M. Rossi fut choisi par Pie IX pour chef du ministère qui avait à réorganiser l'administration des États Pontificaux. Il tomha sous le poignard d'un fanatique, victime de cette révolution italienne dont il avait été lui-même un artisan de la première heure.
•2. A la date du 2b juin, Mgr Clausel de Montais, évêque de Chartres, avait écrit au Saint-Père pour le conjurer de ne rien accorder au Gouvernement français de ce qu'il demandait contre les Jésuites. La rJponse de Grégoire XVI est du 16 juillet : « C'est, disait-il, le devoir du