CHAPITRE VII
V. — Le collège de Mongré. Mme de la Barmondière. Le vieux château abrite l'établissement naissant. Construction du nouveau collège. Le joyau de la Province de Lyon. Une espièglerie durement réprimée. Le Père Edouard de Bouchaud. — A Saint-Aifrique. Origines du collège. Les habitants éconduils d'abord font jouer de puissantes intercessions. Un désir exprimé par le Pape. Un modeste collège qui fait belle ligure.
VI. — Le collège de Vaugirard. L'abbé Poiloup. La maison de M. Olier. Après bien des hésitations et des retards, l'établissement passe aux Jésuites sous le vocable de l'Immaculée-Conception. Rectorat du P. Olivaint. Prospérité du collège et embarras financiers. — A Metz. Mgr Dupont des Loges. Il appelle les Jésuites à l'institution Saint- Augustin. Les PP. Léon Turquand et Jean-Baptiste Stumpf. Épreuves du début. Acquisition de l'ancienne abbaye de Saint-Clément. Le nouveau collège. Appel épiscopal à la population du diocèse. Metz ville militaire. On demande un Cours préparatoire pour les futurs olliciers. Il est entin accordé. Services rendus par cette institution. — Origines du collège de Poitiers. Mgr Pie projetted'établirlesJésuitesà Thouars. L'institution Saint-Vincent-de-Paul. Construction du collège Saint- Joseph. Lourde charge financière. Le Père Élesban de Guilhermy.
^ IL — L'immeuble de la rue des Postes sur le point d'être abandonné. Fondation de l'Ecole préparatoire de Sainte-Geneviève. Ses progrès rapides. Elle prend la tête de tous les établissements similaires. Caractère distinctif de cette maison. Le Père Ducoudray. Un acte d'énergie. Quaerite primum regnum Dei. Les élèves de la rue des Postes à l'armée. La guerre de 1870. — Le collège d'Oran. Les généraux Pélissier et Cousin-Montauban. Rivalité entre Oran et Alger. Oran l'emporte. — Quatorze fondations en quatre ans. Pourquoi il n'y en eut plus d'autre jusqu'à la fin de l'empire. La liberté pour les Jésuites n'est pas la liberté.
Les premières négociations pour l'établissement de la Compagnie de Jésus à Saint-Etienne sont antérieures à 1848; elles allaient aboutir quand éclata la révolution de février; la grande cité ouvrière en fut agitée plus qu'une autre; on remit à plus tard l'installation projetée. Eu 1849, le Père Amédée de Damas fut désigné pour la station de Carême à la paroisse Sainte-Marie. Sa parole vivante et familière eut un tel succès qu'on le redemanda pour l'année suivante. Cette fois ce fut un triomphe : « Le brave Père de Damas, écrivait le Provincial de Lyon, à excité à Saint-Etienne un véritable enthousiasme et allumé
un l'eu de zèle dans l'âme de quelques membres du clergé et des fervents chrétiens de cette ville importante. Dans son dernier Carême, il a confessé lui seul près de huit cents hommes. Aussi voilà les plus influentes familles qui demandent à grands cris une résidence pour diriger les oeuvres, pour se charger des congrégations, surtout des congrégations de Messieurs et d'ouvriers... Notre digne cardinal a voulu joindre ses instances à celles des braves catholiques de Saint-Etienne. Le conseil de Province donne plein consentement à ce projet. » (5 Mai 1850.) A cette date le Père Maillard, comme on le voit par sa correspondance, ne songeait nullement à ouvrir un collège à Saint-Etienne; mais les « braves catholiques » ne voulaient pas se contenter d'une simple résidence. Il fallut se rendre à leurs désirs, et le 5 novembre, un modeste externat fut ouvert dans un local provisoire. Dès l'année suivante, le comité se rendait acquéreur d'un vaste immeuble appartenant aux Frères des écoles chrétiennes et le mettait à la disposition des Pères pour y installer leur collège. (Septembre 1851.) L'aspect de l'édifice n'avait rien d'agréable à l'œil, mais il était solide et pourrait au besoin loger quatre cents pensionnaires. Toutefois l'œuvre ne commençait pas dans des conditions particulièrement brillantes. Les souscripteurs entendaient faire simplement une avance; dès le début il fallut leur servir l'intérêt de leurs fonds; c'était déjà une lourde charge qui fut aggravée encore par une gestion plus hardie que prudente. Le premier Supérieur avait été le Père Henri Jouve ; au bout d'un an on lui donna pour successeur le Père Amédée de Damas, lequel ne resta pas à son poste plus de deux années ; il ne manquait assurément ni d'initiative ni de larges idées ; mais ses réelles qualités n'avaient pas été mûries par l'expérience; quand il entra en charge, il avait à peine trente ans. Dans son court passage à la tête du collège naissant il entreprit beaucoup, sans reculer même devant l'ouverture des cours préparatoires aux grandes écoles du Gouvernement.