‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 221 sur 324 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

l'avait annoncé pour la rentrée prochaine. Entre temps, l'ordre vint de Rome de différer. Les réclamations des familles de Metz se firent alors plus pressantes ; on en trouve L'écho dans un ample Mémoire que le Père Stumpf adressait en 1860 au Père Général et à ses Assistants. L'autorisation fut enfin aecordée ; le premier contingent de futurs officiers préparés à Saint-Clément entra à Saint- Cyr en 1864. Pendant la courte période de dix années que dura l'Ecole préparatoire, elle fit admettre 236 candidats à Saint-Cyr, 58 à l'Ecole Polytechnique, une quarantaine à l'École Centrale et une vingtaine à l'Ecole forestière1. « Le collège Saint-Clément était, dit M. Keller, un foyer de l'esprit patriotique et militaire dans nos provinces de l'Est. » C'est ce qui lui valut les rigueurs de l'administration allemande. Un an après le traité de Francfort, par ordre venu de Berlin, il était condamné à disparaître. (Août 1872.)

Nommé évêque de Poitiers sur la fin de 1849, Mgr Pie arrivait dans son diocèse au moment de la première ferveur pour la création des collèges libres. A cet égard les catholiques du Poitou entendaient bien ne se laisser devancer par personne. Leur pensée se porta naturellement vers la Compagnie de Jésus qu'ils avaient vue à l'œuvre à Montmorillon vingt-cinq ans plus tôt. Le nouvel évêque était lui-même sincèrement affectionné à la famille de saint Ignace. Dès avant son sacre, il écrivait au Père George Rousseau, Supérieur de la maison de Poitiers : « Depuis que la perspective d'un si lourd fardeau à porter est placée devant mes yeux, je n'ai commencé à sentir un peu de soulagement qu'en apprenant l'existence d'une résidence de Jésuites à Poitiers... » Toutefois, sous l'influence d'un sentiment mal défini, il ne voulut pas d'abord leur confier l'établissement qu'on allait ouvrir dans la ville épiscopale ; le clergé diocésain, toujours plus complètement en la main de l'évêque, lui paraissait très

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