‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 234 sur 324 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

l'erreur, briser d'un mot ses sophismes et élever à la vérité un inexpugnable rempart '. »

Le baccalauréat étant exigé à l'entrée de toutes les carrières libérales, le diplôme est devenu pour la grande majorité des élèves de l'enseignement secondaire ce qu'on appelle unarticle de première nécessité. En fût-il d'ailleurs autrement , l'institution aurait encore ses avantages ; la perspective de cet examen sur la fin des études encourage les travailleurs et stimule les paresseux. Quoi qu'il en soit, les Jésuites ont dû, dans leurs nouveaux collèges, se plier à cette exigence que leurs devanciers soupçonnaient à peine. Il leur a fallu s'accommoder à des programmes sans cesse remaniés et surchargés; malgré tout, ils ont obtenu presque toujours des résultats fort satisfaisants. Souvent même le succès des élèves était de nature à flatter l'amour-propre des maîtres. Citons, par exemple, l'historien du collège de Metz ; c'est en 1857, avant même qu'il fût installé à Saint-Clément : « Sur vingt-huit candidats, vingt reçurent leur diplôme de bachelier, et le doyen de la Faculté des Lettres de Nancy proposa publiquement les élèves de Saint-Augustin pour modèles aux jeunes gens de l'auditoire : « Voilà, Messieurs, leur dit-il, comment on doit préparer un examen2. » Mieux encore, le Père lîecteur de Dôle annonce « les succès étonnants » obtenus par les élèves du collège au mois d'août 1867 : « La plupart de nos philosophes ont su mériter des éloges publics de la part de leurs examinateurs devant les Facultés de Dijon et de Besançon. Vingt-six sur trente ont obtenu le diplôme de bachelier, huit avec des mentions honorables, deux avec la note Très Bien, note qui n'avait pas été donnée à Dijon depuis vingt-cinq ans. » (22 Octobre 1867.) Sans doute les Jésuites n'eurent ni partout, ni toujours à enregistrer pareils triomphes ; mais, ce que l'on peut affirmer, c'est que leurs collèges faisaient bonne figure aux

i. Op. cit., p. 389.

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