‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 255 sur 324 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

de 1852, ils prirent possession du Grand Séminaire : « Les circonstances sont telles, écrivait le Père Maillard, que nous ne pouvons le refuser. » (25 Février 1852.) Le Séminaire et le collège étaient en ell'et logés sous le même toit, occupant chacun la moitié d'un « bâtiment superbe », au dire du Père Maillard ; l'excellent homme gardait en avançant en âge l'optimisme de ses jeunes années ; en réalité l'habitation manquait de confortable, et même d'espace pour la population qu'elle abritait; la chapelle, commune aux deux établissements, était misérable et insuffisante; on dépendait de l'architecte départemental sans lequel on ne pouvait déplacer une cloison. Vers 1860 certaines réparations semblaient urgentes ; c'était l'avis de l'architecte lui-même, mais le logis étant occupé par des Jésuitesr l'argent fut refusé.

Quoi qu'il en soit, à Mende aussi bien qu'à Dax et à Montauban, les Jésuites eurent à lutter contre l'esprit janséniste etgallican. L'évêque, Mgr Foulquier, « le plus saint homme qui soit », disait le Père Maillard, tenait luimême pour les principes de la morale rigoriste; ce ne fut pas sans peine qu'il autorisa l'enseignement de saint Ligori. Toutefois la méthode suivie à Dax eut à Mende le même succès. Les séminaristes furent initiés aux Exercices spirituels et aux pratiques du Ratio sludiorum, au grand profit de la piété solide et de l'ardeur pour l'élude. La mort du Supérieur, le Père Antoine Quesne (25 septemtre 1853), leur fournit l'occasion de témoigner leur affection pour ces nouveaux maîtres qu'ils connaissaient depuis un an à peine. Ils se cotisèrent pour remplacer sur la tombe du religieux la croix des pauvres par un modeste monument de pierre.

Lorsque, en 1864, un personnel universitaire s'installa au collège après la retraite des Jésuites, la situation du séminaire devint par le fait du voisinage singulièrement délicate. Il y eut des frottements; les Lettres annuelles en témoignent. Pouvait-il ne pas y en avoir? Mal appuyé par son évèque, qui se croyait obligé de ménager des

fonctionnaires de l'État, le Supérieur, le Père Pierre Fournier. eut à soutenir des luîtes pénibles. L'année suivante, on lui donna pour successeur le Père Antoine Sigé qui a laissé un nom comme professeur de Théologie morale. Le séminaire de Mende ét;»it alors dans un état prospère, si Ton en juge par un rapport du Supérieur sortant de charge. Il avait huit professeurs etcomptaitenviron quatrevingt-dix étudiants en Théologie, et plus de quarante en Philosophie. Non seulement il suffisait à recruter le clergé diocésain, mais chaque année il fournissait de son abondance à des diocèses pauvres en vocations.

La Province de Toulouse, érigée en 1853, avait dès lors à sa charge les trois Grands Séminaires de Montauban, d'Aire et de Mende ; quelques années plus tard, la Province de Lyon fut appelée à prendre la direction de celui de Romans, au diocèse de Valence. Cette prise de possession fut malheureusement l'occasion d'un conflit regrettable entre deux prélats également dévoués à la famille de saint Ignace. En 1857, Mgr Lyonnet, évèque de Saint- Flour, fut nommé à Valence. Le Grand Séminaire était alors aux mains des Missionnaires de Provence ou Oblats de Marie, Congrégation dont l'évêque de Marseille, Mgr de Mazenod, était le fondateur et le Supérieur général. Le bruit s'étant répandu que le nouvel évêque songeait à les congédier pour les remplacer par les Jésuites, il arriva aux oreilles de Mgr de Mazenod, qui en fut fort courroucé contre la Compagnie qu'il rendait responsable de ce projet. A la vérité Mgr Lyonnet avait fait des ouvertures au Provincial ; il y avait eu des pourparlers, mais rien de plus. Le 18 octobre, le Père Gautrelet, Provincial de Lyon, raconte au Père Général la démarche qu'il vient de tenter : « J'ai cru devoir partir pour Marseille et parler à Monseigneur. J'espérais que cet acte de déférence arrangerait tout. Je l'ai trouvé dans la conviction intime que nous avions pris l'initiative dans cette affaire, que nous avions poussé Mgr Lyonnet à cette mesure.

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