‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 260 sur 324 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

les œuvres pleuvent comme la neige en cette saison. Nous aurions cent cinquante ou deux cents ouvriers de plus au Midi qu'ils seraient tous occupés. » (27 Décembre 1850.)

Ce troisième noviciat fut en effet établi à Vais quelques mois plus tard; au bout de deux ans, il comptait trentequatre novices scolastiques ou coadjuteurs. Pendant tout le cours de l'année 1851 la correspondance du Père Maillard avec le Père Général revient sans cesse sur le même sujet ; ce ne sont pas seulement des collèges qu'on réclame; les évêques veulent avoir des Jésuites dans leurs diocèses; le Provincial ne sait à qui entendre. Il lui a fallu faire agréer un refus à Tarbes, à Ajaccio, à Angoulême, à Autun, etc. « En passant à Bayonne, écrit-il, je ne pouvais me dispenser de faite visite à Monseigneur. Impossible de dire à Votre Paternité les instances, les persécutions (c'est le mot) que j'ai subies de sa part pour accepter enfin une résidence dans cette bonne ville de Bayonne qui, dit-il, et il a raison, nous est si dévouée et l'a toujours été. J'ai tout dit pour me défendre; il m'a fallu promettre d'en écrire à Votre Paternité. La maison est toute prête ; jardin, chapelle, rien ne manquera... Et voilà encore Montpellier qu'il nous faudra prendre à la Toussaint. L'évêque y compte... » (16 Juin 1851.)

Cette prospérité même rendait difficile l'administration de la Province. Avec sa puissance de travail, le Père Maillard y pouvait suffire ; mais il ne serait pas toujours là. Aussi sur la fin de l'année, le Père Roothaan lui fait part du dessein qu'il médite :«Je vois qu'un second Père Maillard ne se trouvera pas qui puisse faire la oesogne que vous faites. Je roule dans ma tète la pensée qu'il faudra en venir à une nouvelle division. La Province de Lyon a largement de quoi faire deux Provinces. Veuillez y penser et me dire franchement votre idée. » (3 Décembre 1851.)

Quinze jours après le Père Maillard envoyait sa réponse. Sur le projet en lui-même adhésion complète. Quant

à l'exécution, elle est à son avis « assez facile ». Suit la distribution des maisons en deux parts, l'une à l'Est, l'autre à l'Ouest. Le scolasticat de Vais serait jusqu'à nouvel ordre commun aux deux Provinces. Du territoire de la Province de Paris, Lyon s'annexerait le diocèse de Dijon, la nouvelle Province celui de Poitiers. Les sujets seraient attribués à la Province à laquelle ils appartiennent par leur naissance. Enfin les deux Provinciaux seraient les PP. Bon et de Jocas. (18 Décembre 1851.) Le il mars suivant le Père Roothaan fait savoir que le partage lui plaît, ainsi qu'à ses Assistants ; sa décision est prise ; ce sera pour le mois d'août suivant. Et de quel nom baptisera-t-on la Province qui va naître ? Toulouse ou Bordeaux? Le choix est laissé aux Pères français.

Entre temps, le Père Maillard, àl'inspection plus attentive du Catalogue, avait constaté que la répartition du personnel d'après le lieu d'origine allait être singulièrement désavantageuse à la Province du Sud-Ouest. La plupart des professeurs en particulier devaient faire retour à Lyon; d'autres difficultés provenant de la même source l'amenèrent à proposer un ajournement. (15 Juin 1852.) A Rome on ne crut pas devoir s'arrêter ; car on avait posé en principe que les déplacements ne se feraient qu'au fur et à mesure des convenances. Ainsi avait-on procédé en 1836. Le 4 juillet, le Père Roothaan donnait avis aux deux nouveaux Provinciaux de leur nomination. Au Père Joseph Bon il écrivait : « La division de la Province de Lvon en deux Provinces, Lyon et Toulouse, vient d'être définitivement arrêtée. Le Père Maillard sera Provincial de Toulouse, et vous, mon Père, vous le serez de Lyon. Le succès de cette mesure dépendra en partie de l'entente qui existera entre les deux Provinciaux. Sous ce rapport je suis plein de confiance... Innomine Domini, mon cher Père, acceptez avec courage cette charge nouvelle, et comptez sur le secours de Celui qui vous la confie par mon entremise. »

Pour commencer, le Révérend Père demandait aux

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