‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 261 sur 324 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

deux chefs des nouvelles Provinces de se mettre d'accord sur le partage des établissements qui reviendraient à chacune d'elles en France et dans les Missions d'outre-mer. C'est seulement sur cet accord, disait-il, que je pourrai « rédiger le Décret de division et d'érection ».

Ce Décret fut signé le 7 août1, date chère à la Compagnie de Jésus, car c'est celle de la Bulle de son rétablissement par Pie VII. (7 Août 1814.) Ce jour peut donc être considéré comme celui de la naissance de la nouvelle Province de Toulouse. La promulgation toutefois n'eut lieu que le 25 août, par circulaire du Père Maillard ; l'entrée en charge des deux Provinciaux était fixée au 1er septembre.

Bien qu'invité par le Père Général à se concerter avec son collègue pour la répartition définitive du territoire, le Père Bon, paraît-il, s'en était désintéressé, laissant l'affaire aux soins de la Providence. Mais les décisions prises et ratifiées par le Décret ne lui donnèrent pas toute satisfaction ; à son avis la Province de Lyon avait été sacrifiée; ce qu'il regrettait par-dessus tout, c'était l'attribution à Toulouse de ce scolasticat de Vais, où il avait passé une grande partie de sa vie religieuse et qui lui devait pour une bonne part son accroissement et sa prospérité : « Je me rends compte, écrivait le Père Général, de la peine sensible que cette disposition a dû lui causer; mais elle était nécessaire pour que la Province de Toulouse naquît viable, et dès lors il n'y avait pas à hésiter. » (20 Août 1852.) C'est à titre de compensation que la maison de Lalouvesc était rattachée à la Province de Lyon. Les regrets du Provincial ne s'appuyaient pas seulement sur des motifs de convenance personnelle. L'évêque du Puy lui-même exprimait au Père Général la contrariété que lui causait la mesure prise : « Mon diocèse, lui écrivait-il, dans lequel les dignes Pères de la maison de Vais ont fait et font chaque jour un si grand bien, n'a

i. Voir aux Pièces justificatives, n° X.

avec Toulouse que des rapports rares, difficiles et quelquefois à peu près impraticables, tandis que nous sommes aux portes de Lyon, où nous avons des relations journalières. Ne vous serait-il pas possible, mon Très Révérend Père, d'attribuer à la Province de Lyon la maison de Vais ? Je vous en serais personnellement reconnaissant. » (15 Septembre 1852.)

La lettre du Père Roothaan citée plus haut nous fait conjecturer quelle fut sa réponse à Mgr de Morlhon. Au reste, à cette date les derniers arrangements pour la division des deux Provinces venaient d'être conclus. « Grâce à Dieu, écrivait le Père Maillard le 15 septembre, les choses se sont passées comme toujours dans un saint accord ; tout a été réglé de part et d'autre dans le même esprit de charité et d'union. »

La création d'une troisième Province française fut un des derniers actes du gouvernement du Père Roothaan. Le 4 janvier 1853, il signait un Décret convoquant la Congrégation générale pour le 21 juin suivant. Avec le pressentiment de sa fin prochaine, il avait apparemment le désir de résigner sa charge. Bientôt après il tombait gravement malade ; pendant deux ou trois mois il passa par des alternatives qui faisaient succéder l'espoir aux plus graves inquiétudes. Vers la fin d'avril on dut renoncer à toute illusion, et le 8 mai, le Père Jean Roothaan s'éteignit paisiblement, après avoir désigné le Père Jacques Pierling comme vicaire général, jusqu'à l'élection de son successeur. Son généralat avait duré vingt-quatre ans. Au jour fixé la Congrégation générale était réunie au Gesù, et au bout de quelques jours les suffrages se portaient sur le nom du Père Pierre Beckx, delà Province de Belgique1. Né en 1795, il était âgé de cinquante-huit ans et devait rester à la tête de la Compagnie de Jésus l'espace de

i. Voir aux Pièces justificative*, n° XI.

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