Le P. Maillard au P. Roothaan, i^' septembre i
écrit au maître des novices : « L'affection que nous témoignent les habitants de Toulouse leur donne droit à un dévouement entier de notre part au salut de leurs âmes, que nous devons procurer par tous les moyens que l'Institut nous offre et que les circonstances permettent. » (24 Février 1846.)
Au surplus Sainte-Marie des Champs ne devait pas être seulement un lieu de villégiature. Le logis que l'on avait entrepris d'aménager pour le noviciat se trouva en tel état de délabrement qu'il fallut attendre près de deux ans avant de pouvoir s'y installer. Pendant ce temps le nombre des novices grandissait ; ils étaient près de quarante à l'automne de 1843, quand ils échangèrent enfin les combles du vieux couvent pour leur nouvelle demeure. Mais là encore on se trouvait dans des conditions hygiéniques peu favorables ; l'air et l'espace étaient trop mesurés. A la suite des événements de 1845, l'ordre étant venu de réduire le personnel des principales résidences, onprofita de l'occasion pour transférer le noviciat à Sainte-Marie des Champs. La maison n'était pas faite pour recevoir tout ce petit peuple; mais elle était entourée d'un vaste jardin ; les arbres ■et la verdure compensaient l'insuffisance de l'habitation. D'ailleurs on était assez près de la ville pour pouvoir y continuer les expérinients et les essais d'apostolat prescrits par la règle. Presque dès le début le grand hôpital avait accueilli les novices : « Tous les jours, écrivait le Père Druilhet, trois d'entre eux vont y porter aux malades des soins, des consolations etdes secours. »(27 Décembre 1842.) La prison militaire leur fut également ouverte ; ils s'y rendaient trois fois par semaine. A Toulouse comme à Lyon ce ministère produisait des résultats inespérés. Les Lettres annuelles les mentionnent avec un laconisme éloquent. •Cinquante-trois prisonniers suivent la retraite prêchée par un prêtre novice; tous, excepté six, se confessent et communient pieusement. Une autre fois, ils sont quatre-vingts à accomplir le devoir pascal ; cinq seulement sont réfractaires. L'archevêque en personne vient célébrer la messe,