CHAPITRE VI
distribuer la communion aux prisonniers, confirmer les retardataires et adresser à tous de paternelles exhortations.
Au mois d'août de cette année 1845, si critique pour les Jésuites de France, le Père Ogerdias pouvait écrire : « Jusqu'ici les novices n'ont pas interrompu un seul jour leurs expériments, ni leurs visites aux hôpitaux, à la prison militaire, etc. * » Au reste, disait-il, les menaces suspendues sur nos têtes pendant tout le cours de cette année n'ont pas été capables de les ébranler ; « tous étaient prétsà partir pourl'étranger plutôt que d'abandonner leur vocation. » D'ailleurs la bénédiction du ciel est sur cette maison ; ils sont plus de quarante novices scolastiques et déjà de nombreuses demandes s'annoncent pour l'année suivante.
Ace moment-là même, le vénérable religieux qui avait été l'instrument de la Providence pour la fondation du noviciat de Toulouse, le Père Druilhet, s'acheminait rapidement vers sa fin. Il était toujours Supérieur de la communauté qui ne comptait alors pas moins de soixante personnes. Au mois de mars, il écrivait au Père Général une lettre touchante : « Ilya à peu prèstrois ans (22 Avril 1842), vous aviez la bonté, mon T. R. Père, de mettre dans une correspondance ce petit Post-scriptum de votre main : — Et puis mon excellent Père Druilhet, après tant de bien fait à Toulouse, ne pourra-t-il être rendu à ses chers Lyonnais qui ont tant soupiré et soupirent encore de l'avoir perdu? — ^^otre cœur est toujours le même, mon T. R. Père ; mais, la main sur la conscience et prosterné à vos pieds, je crois pouvoir vous assurer que je ne désire rien, je ne demande rien, pas plus Lyon que Toulouse, pas plus le Midi que le Nord, pas plus même d'être déchargé de mon fardeau que de continuer à le porter. Mais je suis dans ma soixante-dix-huitième année; voilà vingt-six ans de suite que je suis dans les supériorités.