CHAPITRE VU
s'abattait surla Compagnie, la construction de la chapelle. Sa hardiesse était encouragée par Mgr Angebault qui, pendant tout le cours d'un long épiscopat, ne devait jamais se départir de la plus affectueuse bienveillance pour la famille de saint Ignace. Dans les deux premières années de son établissement à Angers, elle avait vu trois évéques se succéder sur le siège de saint Maurice'. Tous les trois ont acquis des droits à sa reconnaissance pour la protection qu'ils lui ont accordée à ses débuts dans la ville épiscopale. A leurs noms elle associe dans sa reconnaissanceceux deplusieurs nobles familles, les d'Andigné, les de Tronchay, les de Langottière, les de Bercy, qui lui furent plus particulièrement serviables.
C'étaient déjà, depuis 1836, cinq résidences nouvelles dans la Province de Paris. A partir du 1" mai 1841 celle de Notre-Dame-de-Liesse vient s'ajouter à la liste. Ce n'était pas tout à fait une création. Les Jésuites étaient venus à Liesse en 1828, ils s'étaient retirés en 1834, et depuis lors la maison de Saint-Acheul y envoyait seulement quelques Pères pendant la saison du pèlerinage^. Mais le pieux abbé Louis Billaudel, héritier de la pensée de son frère aîné, et parvenu lui-même à une extrême vieillesse, ne voulait pas mourir avant d'avoir vu la Compagnie installée à demeure auprès du vénérable sanctuaire. En 1840 fut entreprise la construction d'une vaste maison, destinée plus spécialement aux retraites fermées, pour les ecclésiastiques. Les Pères en prirent possession le 20 septembre 1843. Ils étaient au nombre de trois, avec le Père Etienne Mollet pour supérieur. Mais bientôt
1. Mgr Montault était mort le 29 juillet 1889; Mgr Paysant , n'avait fait que passer sur le siège épiscopal d'Angers. Nommé le 29 septembre 1889, il mourut le 6 septembre i84i. Mgr Angebault, nommé le a3 février 1842, fut sacré le 10 août suivant,