‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 213 sur 382 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Bonté divine ». Mais ce que les circonstances exigent plus encore, ce que le Père Roothaan demande à tous, c'est « la volonté ardente, efficace, constante de se rendre dignes de leur vocation, de répondre avec la plus grande fidélité aux desseins de la Providence sur la Société et

sur eux-mêmes ».

Ici la parole du Général devient plus chaude et plus pressante : « La Compagnie à peine rétablie a vu renaître la haine dont les impies la poursuivaient ; les anciennes calomnies sont reproduites sous de nouvelles couleurs ; tout est mis en usage pour les répandre, discours, livres, brochures, journaux, publications qui nous inondent et où nous sommes déchirés tous les jours. En outre, un grand nombre d'hommes, sans être méchants, mais par suite des préjugés dont ils sont imbus, ne cessent de suspecter notre conduite, d'interpréter en mauvaise part tout ce qui vient de nous. Nous devons endurer tout cela avec patience, ne point nous en indigner, ne point nous en troubler, comme s'il nous arrivait quelque cliose d'extraordinaire ; car vous savez que telle est notre destinée^. » Mais cette malveillance nous trace notre devoir. Quelle vigilance doit être la nôtre pour ne pas donner prise aux accusations, pour éviter jusqu'à l'apparence du mal, afin que notre ennemi n'ait aucun mal à dire de nous ^. C'est que, en effet, « par suite des préventions que l'on a contre nous, ce que les autres se permettent sans difficulté, ce qu'ils peuvent faire impunément ou sans être remarqués, on le blâme en nous, on nous en fait un crime, et la faute d'un seul membre est imputée à tout le corps, en vertu de cette maxime si injuste, mais pourtant si commune : Dans le méfait d'un seul apprenez à les connaître tous^ ».

1. Quasi noi'i aliquid vobis contingat, (Petr. iv, 12.) Ipsi enim scitis quod in hoc posiii sumtis. (I. Thess. m, 3.)

2. Ut is qui ex adverso est vereatui\ nihil hahens malum dicere de nobis. (Tit. 11, 8.)

Page 1