‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 226 sur 382 · I. Le T. R. p. Théodore Ratisbonne, T. I, p. iS · texte numérisé non relu

I. Le T. R. p. Théodore Ratisbonne, T. I, p. iS

VU sans déplaisir par le Pape Grégoire XVI : « L'Église, aurait-il dit vers ce temps à Montalembert, l'Église est amie de tous les gouvernements, quelle qu'en soit la forme, pourvu qu'ils n'oppriment pas sa liberté. Je suis très content de Louis-Philippe, je voudrais que tous les rois de l'Europe lui ressemblassent'. »

Les Jésuites eux-mêmes bénéficiaient de cet état de choses, La Révolution de Juillet s'était faite contre le trône et l'autel qui sous la Restauration avaient paru inséparablement unis au point de confondre leur cause. L'antagonisme semblait donc inévitable entre l'Église et le nouveau régime. Les catholiques devaient être fatalement « carlistes », comme ou disait alors. Ils le furent, en effet, pour la plupart, et ce fut tout à la fois la force et la faiblesse de Montalembert de séparer la cause religieuse de celle de la légitimité. Qu'ils le voulussent ou non, les Jésuites ne pouvaient manquer d'être classés dans le parti carliste. Ce n'est pas qu'ils eussent beaucoup à se louer, comme on l'a vu dans la première partie de cette Histoire, du Gouvernement de Charles X; mais leur nom représentait ridée religieuse à sa plus haute puissance, si l'on peut s'exprimer ainsi, et donc l'opposition a priori et dans toute son intransigeance. C'est bien ainsi qu'ils furent considérés dès l'abord, et plus ou moins pendant toute la durée de la monarchie de Juillet, et ajoutons-y celle du régime impérial. Aussi dans les rapports administratifs dont ils sont l'objet, dans les vexations dont ils sont victimes, dans les conversations même que les ministres les moins hostiles veulent bien avoir parfois avec eux, c'est toujours la préoccupation politique qui apparaît an premier plan. Ou bien on les accuse d'être les adversaires de la dynastie, ou bien on leur recommande de ne pas faire de politique, moyennant quoi le Gouvernement s'abstiendra de les molester. Recommandations superflues et accusations sans fondement; car la règle y a pourvu et, s'il se

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