CHAPITRE IX
Compagnie de Jésus elle-même se trouvera divisée de façon regrettable.
Le Monopole fut publié sous le voile de l'anonyme ; mais, dans un Avis au Lecteur^ l'abbé N. Desgarets, chanoine de la Primatiale de Lyon, assumait loyalement le titre d'éditeur responsable. « Le nom même de l'auteur, déclare-t-il, lui était complètement inconnu quand le manuscrit lui fut confié pour être livré à l'impression, s'il le jugeait utile, » L'abbé Desgarets en écoula d'abord une partie dans une série de dix-huit articles du journal Le Réparateur. Puis, encouragé parle succès et sur les instances de personnes respectables, parmi lesquelles « plusieurs évêques », il se décida à lancer le volume. L'auteur— on le sut bientôt — était en réalité le Père Nicolas Deschamps, que nous avons vu dépenser à Marseille, à Aix, à Avignon, une activité exubérante et qui, cette année même, fut envoyé à Lyon d'où il ne devait plus sortir.
Voici en quels termes Louis Veuillot présentait « Le Monopole » au public àeVUnivers : « JNL l'abbé Desgarets, chanoine de Lyon, lut un jour dans un discours de M. Villemain ces paroles remarquables : — Prétendre que l'enseignement universitaire est un enseignement sceptique et irréligieux me paraît une forme de calomnie, et pour prouver que cet enseignement ait donné lieu à de tels reproches, il faut des faits et des exemples ; je les attends. — Désirant fournir au ministre et au public ces preuves si audacieusement provoquées, M. l'abbé Desgarets se mit à l'œuvre ; il consulta les livres de nos mandarins grands et petits, ceux de M. Yillemain comme les autres ; il prêta l'oreille à ce qui se dit dans les chaires de l'Université, dans les journaux de l'Université ; il compulsa les rapports officiels. Ayant formé de tous ces documents un volume de 666 pages, en petit texte, il l'offre à M. Villemain et à la France : — Les preuves que vous demandez, elles sont dans vos écrits, dans vos discours; les voilà ! * »