Inconsultissima praescriptione
époque, relativement à l'état religieux en France. Les vœux qui le constituent, n'étant plus depuis la Révolution reconnus par les lois du pays et n'ayant donc pas d'effets civils, on en concluait qu'il leur manquait la solennité, au sens canonique du mot. La conséquence, c'était qu'il ne pouvait y avoir en France d'Ordres religieux proprement dits, mais seulement de pieuses associations d'hommes et de femmes, qualifiées Congrégations dans la langue juridique. Ces Congrégations ne sauraient en aucune façon prétendre aux droits et privilèges des Ordres dont elles portent le nom. Cette thèse, un successeur de Mgr Affre sur le siège archiépiscopal de Paris devait encore, dans les dernières années du second empire, s'en autoriser dans la pratique et la soutenir en plein Sénat. Vers le même temps, l'abbé Chaillot en faisait l'application à la Compagnie de Jésus dans un livre qui eut les honneurs de VlndexK Quant à Mgr Darboy, il reçut de Pie IX le blâme le plus énergique que le chef des évêques puisse adresser à un de ses « Vénérables Frères ».
C'est aux alentours de 1840 que la question prit un caractère d'actualité parle fait du rétablissement de l'Ordre bénédictin, suivi de près par l'Ordre de saint Dominique. Mais déjà l'opinion défavorable aux religieux français avait pénétré dans l'enseignement ecclésiastique. La théologie de Mgr Bouvier, adoptée comme manuel dans un grand nombre de séminaires, affirmait expressément que, en France « les vœux des réguliers, hommes ou femmes, devaient être tenus pour vœux simples, attendu que, du fait de la loi civile, il leur manquait une certaine perfection requise pour la solennité 2. » Ce n'était pas là seule-