‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 292 sur 382 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

avant l'échéance, le Pape Grégoire XVI, informé par le Nonce, avait arrêté l'exécution de l'Ordonnance par un Bref passablement sévère adressé à son auteur K Après avoir montré à l'archevêque de Paris que telle des prescriptions qu'elle renferme est contraire aux canons ecclésiastiques, le Pape rend aux Jésuites un témoignage qu'ils ont le droit et le devoir de recueillir :

« Nous avouons. Vénérable frère, ne pas savoir pourquoi cette prescription très inconsidérée ^ vous l'avez établie à l'égard seulement des confesseurs de la Compagnie de Jésus, ni par quelle autorité et pour quelle cause vous leur faites défense de quitter la ville ou d'y venir, sans vous avoir averti un mois à l'avance. Nous savons pourtant que, en raison des services qu'elle a rendus à l'Église, cette Société est en grande estime auprès des catholiques les plus sages et les plus fervents, comme auprès de ce Saint-Siège lui-même. Nous savons d'autre part qu'elle est calomniée soit par des gens sans foi, soit par d'autres peu affectionnés à l'autorité de la sainte Église, lesquels pourront ensuite s'autoriser de votre nom pour accréditer leurs calomnies. »

L'admonestation du Souverain Pontife termina l'affaire. « Le prélat, dit Mgr Gruice, obéissant à des conseils d'un ordre supérieur, révoqua les décisions qu'ilavait portées. » A la vérité, il n'y eut pas révocation explicite, mais l'Ordonnance fut considérée comme non avenue. Mgr Affre voulut même donner l'assurance que l'incident n'avait laissé en son cœur aucune amertume contre les Jésuites ; malheureusement, moins de deux ans après on eut lieu de croire, comme nous le verrons, que ses idées à l'égard des religieux n'avaient point changé.

La conduite de l'archevêque de Paris semble bien s'être inspirée d'une thèse de Droit Ganon qui avait cours à cette

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