Séance du 3o avril
les armées. » Mais voici les funestes conséquences d'une méthode mauvaise : « C'est à l'esprit de révolte, dont les germes furent déposés dans l'esprit de leurs élèves par des Jésuites qui traitaient la vérité comme une ennemie, qu'a été due cette philosophie si téméraire, si audacieuse et si fausse en même temps, cette philosophie qui, répandue de proche en proche, s'étendit à toutes les classes éclairées et mêla aux événements de notre grande Révolution, qu'elle avait préparée, tant d'excès qui souillèrent ce qu'elle a eu de juste et d'élevé et amenèrent tant de désastres et de convulsions sanglantes'. »
En vérité il faut pouvoir renvoyer au Moniteur pour oser dire que c'est à la tribune de la Chambre des Pairs qu'on portait ces raisonnements, qu'on posait de telles prémisses pour en déduire de telles conséquences.
Jusqu'ici les orateurs avaient cherché des arguments dans l'Histoire des Jésuites d'autrefois; deux anciens ministres de Charles X refirent dans le même but celle des Jésuites des temps nouveaux, M. Bourdeau les montra se cachant au lendemain du Bref de suppression sous le nom de Pères de la Foi, s'insinuant peu à peu sous la Restauration et s'emparant de l'enseignement : « Huit écoles ecclésiastiques, cinquante et quelques petits séminaires organisés dans le Royaume, voilà, affirma ce grave personnage, l'œuvre des Pères de la Foi, depuis 1815 jusqu'en 1828. Que se passe-t-il sous la direction de ces maisons envahies par la Société de Jésus? Les missionnaires parcourent et couvrent le royaume ; à leur voix des passions se déchaînent; par eux et autour- d'eux se forment des congrégations religieuses, politiques...^ »
Avec des allures moins fantaisistes le comte Portalis s'attacha à justifier l'exigence de la « déclaration ». L'Ordonnance de 1828 était son oeuvre, et l'on conçoit qu'il eût
I. Chamhre des Pairs, Séance du 29 avril i844. Muriiteui\ p. ii/)5, a' col.
'2. Séance du 8 mai.