CHAPITRE XI
à cœur de lui procurer la consécration de la loi. Il s'y employa avec toute son autorité de juriste qui était grande et son talent de parole qui ne l'était pas moins. .Sans se mettre en frais d'ailleurs de raisons nouvelles pour appuyer sa thèse, il se borna à développer à son tour celles que le duc de Broglie avait insinuées dans son Rapport et qui reparurent à satiété avec des variantes au cours du débat. « Serait-il prudent, demandait l'ancien ministre, de confier l'enseignement à des hommes qui n'ont point la liln-e disposition d'eux-mêmes, qui abdiquent leur volonté, qui reçoivent d'un Supérieur étranger le mouvement et la vie?... » Et encore : on ne saurait y admettre « un Ordre dont les membres sont de véritables cosmopolites, dont la patrie est le monde, ou plutôt qui n'ont pas de patrie en ce monde ». Et au surplus, la déclaration qu'on leur demande n'a rien de tyrannique; c'est un simple aveu. « Les évêques ont eu grand tort de protester comme ils l'ont fait; ces plaintes amères sont sans fondement'. »
En outre de la déclaration^ le projet en discussion contenait un article relatif au certificat (tétudes. Les jeunes gens qui se présenteraient au baccalauréat devraient justifier qu'ils avaient suivi pendant les deux dernières années les classes de certains établissements. Ce n'était pas non plus une exigence nouvelle ; elle existait en vertu des règlements universitaires et il s'agissait de l'inscrire dans la loi. Elle fut combattue énergiquement. On était bien obligé de reconnaître qu'elle n'avait aucune utilité comme garantie du savoir du candidat. Défendable sous le régime du monopole, elle n'avait donc plus de raison d'être sous celui de la liberté. Ce fut encore un ancien ministre, que nous avons rencontré au cours de cette Histoire, M. Persil, qui se chargea de démontrer que le certificat d'études était indispensable ; sans lui en effet les élèves de Fribourg et de Brugelette pourraient se présenter aux examens du baccalauréat, et ainsi la déclaration elle-même ne suffisait