‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 327 sur 382 · C!IA!'1TRE XI · texte numérisé non relu

C!IA!'1TRE XI

elle ouvrait la porte toute grande aux Jésuites : « Les professeurs de Fribourg et de Brugelette, disait-il, peuvent revenir à Saint-Acheul, votre loi à la main... Je sais bien qu'on s'appuie de la déclaration ; mais on vous dit tous les jours que les déclarations ne signifient rien, et vous savez mieux que moi qu'on les éludera'. ») En d'autres termes, une déclaration mensongère n'est pas pour gêner les Jésuites. Aucun homme politique n'avait encore osé se servir d'un pareil argument. Il faut se souvenir que le Constitutionnel é\.d\\.\e ']0\iTnd\ àe^l. Th.\QTS et que, à ce moment-là même, il publiait en feuilleton le roman d'Eugène Sue.

Toutefois la commission, composée de neuf membres parmi lesquels MM. de Salvandy, de Tocqueville, de Carné, ne retint l'article de la déclaration qu'à une voix de majorité. Il y a lieu de croire que les autres dispositions hostiles au clergé y soulevèrent aussi une forte opposition. Le contre-coup s'en fit sentir dans la rédaction de M. Thiers. Son « volumineux Rapport, du reste assez superficiel, s'exprimait sur le clergé et les choses religieuses avec modération et politesse, trompant ainsi l'attente des sectaires qui s'étaient flattés de le voir se confondre dans leurs rangs » ^. Mais à travers ces ménagements de forme perçaient visiblement la malveillance et la menace. Pour justifier la déclaration^ M. Thiers pose en principe que les Congrégations religieuses « sont défendues, interdites par nos lois » ; il développe les arguments de la thèse avec une ampleur, une abondance, pour dire le mot, une prolixité, qui trahit une conviction mal assurée que l'on cherche à affermir. Puis il en vient aux précisions : « 11 ne s'agit pas de toutes les Congrégations, mais de quelques-unes, d'une en particulier qu'on peut désigner, puisque le nom est dans toutes les

1. Le discours de M. Thiers est cité m extenso dans l'Ami de la lieli- ]ion. T. GXXI, p. 697.

Page 1