M. de Monter, op. cit., p
orgue tant envié qui manquait à Brugelette, dont ses Supérieurs contestaient l'opportunité et refusaient l'achat. Puis sa mère était veuve, malade, pauvre. Il n'hésita pas, et les cahiers et les feuillets d'aller chez l'éditeur tels quels, de premier jet, tels qu'il les retrouvait. Avec l'insouciance qui était un des traits de son caractère, il ne revoyait même pas ses épreuves \ »
Ce sont là des circonstances atténuantes dont malheureusement la critique n'avait pas à tenir compte. C'était son droit d'être sévère; mais sa sévérité a dépassé toute mesure à l'égard du Jésuite compositeur. Tous les moyens ont paru bons pour le discréditer et le rendre ridicule ; on a trouvé plaisant, par exemple, de travestir des motets religieux en musique de danse. Mais toute mélodie à trois temps peut se tourner en air de valse; la plus grave peut devenir sautillante en changeant le molto moderato en allegro. Pour avoir été mise en caricature une belle œuvre ne cessera point d'être une belle œuvre.
Mais la grande injustice de la critique à l'égard du Père Lambillotte, c'est de s'être acharnée sur des défauts très réels et d'avoir méconnu des qualités qui ne le sont pas moins. Et ces qualités ne s'accusent pas chez lui avec moins de relief que les défauts. « S'il estmauvais, peut-on dire avec M. de Monter, il va jusqu'au pire ; s'il est bon, il va jusqu'à l'excellent. » Il est inconstestable que nombre de ses compositions présentent de l'aisance, du naturel, de la grâce. Il a souvent des trouvailles mélodiques exquises, que malheureusement il n'a pas pris la peine de développer. Maintes fois des maîtres de chapelle peu scrupuleux lui ont emprunté, sans le dire, des motifs qu'ils travaillaient et arrangeaient selon les règles de l'art. C'était une manière comme une autre de lui rendre hommage. La plupart de ses cantiques populaires, resteront comme des classiques du genre ; ils réalisent si heureusement l'accord de la musique avec les paroles qu'on les