‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 27 sur 62 · La théologie moraleétait associéeàla théo · texte numérisé non relu

La théologie moraleétait associéeàla théo

était enseignée comme le dogme, selon la méthode scolastique, ainsi que l’exige la matière souvent si complexe, et suivant l’exemple de saint Thomas. Aussi les plus célèbres docteurs scolastiques delà Compagnie furent en même temps parmises plus éminents moralistes : tels François Tolet (cardinal); François Suarez (1617), surtout par son beau traité des Lois; Molina, par ses cinq volumes sur la Justice et le Droit ; Léonard Lessius (f 1623); François de Lugo (cardinal, f 1660) que saint Alphonse Liguori regarde comme le « prince des théologiens après saint Thomas » ; etc. Beaucoup des meilleurs théologiens Jésuites ont néanmoins consacré leur labeur tout entier à la morale. Aux premiers rangs de ceux qui l’ont traitée avec le plus de pénétration et de sûreté, se placent, à côté de leurs collègues plus spécialement scolastiques, les Pères Thomas Sanchez (f 1610), Ferdinand Castropalao (f 1633), Paul Laymann (f 1635), etc. Nous avons nommé « les maîtres » par excellence dans la science morale, comme les appelle saint Alphonse; mais après eux et profitant de leurs savantes réponses aux difficiles questions du juste et de l’injuste et aux plus délicats problèmes de la conscience, d’autres se mettent à la portée d’un plus grand nombre, et rendent les plus humbles pasteurs capables de remplir fructueusement leur ministère auprès des âmes. Nous trouverons ces vulgarisateurs de la théologie morale surtout dans le second siècle de la Compagnie. Là viendront également les auteurs qui ont traité spécialement et dans toute son ampleur le Droit canonique, dont les principes généraux sont déjà posés par les scolastiques moralistes.

Ajoutons qu’outre l’enseignement scolastique

LE MOUVEMENT SCIENTIFIQUE

de la théologie morale, les collèges de la Compagnie offraient d’ordinaire des leçons publiques de cas de conscience , et souvent on les donnait même là où il n’y avait pas de chaires de scolastique. Il ne s’agit pas seulement de conférences, où l’on discutait et résolvait les difficultés qui se présentent aux confesseurs et aux directeurs, mais aussi de vrais cours, destinés surtout à former ou compléter l’instruction des pasteurs populaires. On y exposait succinctement et clairement les principes de la théologie morale, en les motivant sans discussion scolastique, solidement quoique brièvement, et on en faisait ensuite l’application aux cas pratiques. Ces conférences et ces cours de cas de conscience, qu’on trouvait dans tant de maisons de la Compagnie et qui étaient d’ordinaire bien suivis, ont beaucoup aidé le bas clergé à se relever de l’ignorance qui le déshonorait dans presque tous les pays catholiques, vers le milieu du xvi* siècle.

Page 1