‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 8 sur 62 · I. — PROGRÈS SOUS LE P. LAINEZ · texte numérisé non relu

I. — PROGRÈS SOUS LE P. LAINEZ

Deuxième Général : Jacques Lainez (2 juillet 1 558-1 9 janvier i56g)

Première Congrégation Générale (19 Juin- 10 Septembre i558)

38. Les Constitutions à la Congrégation Générale. Collèges. — La disparition du Fondateur de la Compagnie commençait à mettre à l’épreuve la solidité de son œuvre. Pour gouverner l’Ordre jusqu’à la réunion de la Congrégation Générale, Ignace n’ayant pas désigné de Vicaire, les profès présents à Rome élurent le P. Jacques Lainez. Par suite de la guerre entre le Pape Paul IV et le roi d’Espagne Philippe II, il se passa presque deux ans avant que tous les membres de droit de la Congrégation pussent venir à Rome. Dans l’intervalle, la sage administration du P. Lainez ne fut que momentanément entravée par l’opposition de deux ou trois brouillons ambitieux.

Des embarras plus sérieux vinrent du Souverain Pontife. D’abord Paul IV avait laissé la Congrégation s’ouvrir librement, le 19 juin 1558, et inaugurer ses travaux, comme le prescrivaient les

I,À compagnie DE JESUS

Constitutions, par l’élection du Général. Le 2 juillet, sur les 20 électeurs présents, treize donnèrent leur voix à Lainez, et le Pape témoigna fort approuver ce choix. Cependant il ordonna, le 20 juin, de remettre les Constitutions de saint Ignace à deux cardinaux pour les examiner ; mais elles furent bientôt rendues sans observation. Et la Congrégation continuait ses séances. Elle constitua d’une manière stable le conseil du P. Général, déjà prévu par saint Ignace, en lui nommant quatre Assistants . A cette occasion, la Compagnie fut pour la première fois divisée en quatre régions, dont chacune avait son représentant auprès du chef de l'Ordre : ce furent les Assistances d’Italie, d’Espagne, de Portugal et du Septentrion. Cette dernière comprenait la France, l’Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas, et sera plus tard divisée en deux, puis en trois assistances.

Enfin, on s’occupa des Constitutions. C’était à la Congrégation Générale qu'il appartenait de conférer force de loi définitive au corps de prescriptions que saint Ignace avait rédigé de 1547 à 1550, , et dont il avait ordonné l’essai en 1552. Les Pères ne songèrent pas un moment à mettre en question cette règle que tous avaient acceptée et pratiquaient depuis longtemps. Ils n’avaient garde de toucher témérairement à une œuvre où, comme tous en étaient convaincus, une sagesse surhumaine avait guidé le Fondateur. Aussi commencèrent-ilspardéciderque les Constitutions seraient ratifiées et observées telles qu’elles se trouvaient dans l’exemplaire original du P. Ignace. Ils s’interdirent toute discussion sur les points substan- j fiels ; il n'en pouvait être parlé que pour demander à la Congrégation l'éclaircissement de quelque doute. Quant aux détails accessoires eux-mêmes,

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