MUTIUS VITELLESCHI
s. Stanislas Kostka et S. Louis de Gonzague; l'Église, en le canonisant, n'a pas pu honorer chez lui un grand renoncement comme chez ces deux saints gentilshommes; elle Ta canonisé pour la parfaite fidélité à ses Règles religieuses, qu'elle a aussi canonisées par là même. Nous pouvons nommer encore d'autres saints personnages, dont le procès de béatification a été commencé : le vénérable Robert Bellarmin, le grand théologien et cardinal (1542-1560-1621) ;• Léonard Lessius, le célèbre théologien belge (1554-1572-1623); trois éminents ascètes, dont deux Espagnols : Didace Alvarez de Paz, qui gouverna la province-mission du Pérou (1560-1578-1620), Louis du Pont (1545- 1574-1624), et un Polonais, Nicolas Lancicius(1574- 1592-1652); Jules Mancinelli (+1618); Georges Giustiniani , apôtre de Bologne (1570-1587- 1644), etc.
La période fut surtout féconde en martyrs. De 1615 à 1645, plus de 200 Jésuites ont scellé leur prédication de leur sang, la plupart dans les missions étrangères: 72 (peut-être 84) au Japon, dont 44 (45) Japonais et un Coréen ; 9 en Ethiopie, 14 au Brésil, 12 dans les missions du Pérou et du Paraguay, 10 aux Philippines, etc. En Europe, 25 ont péri de la main des protestants, 5 ont été tués par les Cosaques schismatiques.
Plus nombreux encore ont été les martyrs de la charité. On a enregistré de 1615 à 1645 les noms de plus de 700 Jésuites ayant contracté au service des malades, spécialement des pestiférés, le mal qui les a eux-mêmes emportés. Il y a dans ce nombre 165 religieux originaires de l'empire d'Allemagne, 162 Français, 124 Belges et Hollandais, 61 Polonais et Lithuaniens.
Obligée de consacrer la plus grande partie de
ses forces à tant de collèges dont elle était chargée, la Compagnie de Jésus n'a jamais pour cela oublié Tapostolat du peuple et des campagnes. Et grâce à Dieu, nous la verrons encore trouver, comme aux premiers temps de sa ferveur, pour cet humble mais si indispensable ministère des hommes d'un zèle et d'un talent exceptionnels, même des hommes à miracles.
Le généralat de Vitelléschi s'est prolongé sous quatre pontificats, depuis le milieu environ de celui de Paul V, à travers le court régne de Grégoire XV (1621-1623) et celui d'Urbain VIIÏ (1624- 1644), jusqu'au début d'Innocent X (1644). Tous ces papes furent des amis de la Compagnie et particulièrement de son chef. Les trois premiers auraient désiré témoigner de leur estime pour l'une et l'autre, en élevant le P. Vitelléschi au cardinalat: ils n'y renoncèrent qu'en apprenant combien ferait peine à tous les Jésuites une promotion qui les priverait d'un tel général, surtout parla voie des dignités ecclésiastiques, si contraire au vœu de rinstitut. Mais Urbain VIII, en 1643, tint absolument à reconnaître par la pourpre cardinalice les services rendus à l'Église par le P. François de Lugo (1583-1603-1660), notamment comme professeur de théologie pendant vingt ans au Collège Romain et, durant ce temps, conseil de toutes le^ Congrégations Romaines. Le pape ne permit ni à Lugo de refuser, ni au P. Général, qui ne fut prévenu de rien, d'essayer d'empêcher cette nomination.
En revanche, toute la Compagnie ne put que recevoir avec une vive joie sa part des honneurs décernés à son premier Père et à plusieurs de ses plus illustres enfants. Ignace de Loyola el