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CATÉCHISME

130. — L'enseignement populaire du catéchisme, si fortement recommandé à la Compagnie par saint Ignace, lui a toujours été à cœur autant que l'enseignement savant dans les écoles. Les premiers Jésuites, au début de leur ministère, n'avaient pas eu besoin de beaucoup detempspour constater l'ignorance profonde qui régnait dans le peuple chrétien, et comprendre combien elle favorisait à la fois la corruption des mœurs et le succès de l'hérésie. Aussi ne manquent-ils pas de joindre partout, aux sermons et aux homélies, renseignement plus modeste des éléments de la doctrine chrétienne, qu'ils offrent directement aux enfants,

mais savent bientôt faire accepter également aux parents, chez qui le besoin n'est guère moindre. Puis, comme ils voient que les catéchismes existants (car il y en avait dans tous les pays catholiques, en Allemagne et ailleurs, bien avant Luther) ne répondent plus à toutes les exigences des temps, ils en composent de nouveaux.

Ce furent probablement les premières publications de la Compagnie. Déjà en 1540, le Père Jacques Laine/., durant sa féconde mission à Parme, avait rédigé un livret pour l'instruction religieuse des enfants. Un autre, composé par le Père Araldo, vers 1563, reçut d'utiles compléments de la main du Père Alphonse Salmeron. Mais une immense diffusion, avec une influence à proportion, était réservée au Sommaire de la doctrine chrétienne^ dont l'apôtre de l'Allemagne, Canisius, commença la publication à Vienne, en 1555, sous trois formes plus ou moins développées, suivant l'âge et le degré d'instruction des écoliers pour lesquels il écrivait. Traduit en douze langues du vivant de l'auteur, reproduit en plusieurs centaines d'éditions, ce petit livre a été en usage dans des milliers d'écoles et de collèges du monde entier et a appris à d'innombrables jeunes âmes les principes de la foi avec leurs devoirs de chrétiens. 11 a d'ailleurs fourni la base à quantité d'autres manuels.

En Italie, Bellarmin a également publié un admirable catéchisme (1597-1598); Clément VIII l'a imposé aux Ktats de l'Église ; Urbain N'Ill en a ordonné l'emploi dans les missions des Indes Orientales (22 février 1033) ; déplus. Clément VIII avait exprimé le vœu qu'il fût adopté dans tout l'univers catholique et ce vœu a été renouvelé par Benoît XIV. Le catéchisme de Bellarmin a servi

de modèle pour le projet de catéchisme universel, étudié lors du concile du Vatican.

La France a eu le catéchisme du Père Emond Auger (Lyon, 1561), qui a aussi passé en d'autres pays par quatre traductions : le Père Auger luimême le traduisit en latin et en grec. Le Père

' Michel Goyssard (1562 j 1623) a composé un catéchisme français en vers (Lyon, 1591), ainsi que des cantiques destinés à être chantés avant et après la

I leçon.

j En Pologne, le Père Jean Gruzewski (f 1646)

! avait également mis en vers un résumé de la doctrine chrétienne, qu'il faisait chanter aux enfants et au peuple dans les rues et sur les places publiques.

En Espagne, la Doctrine chrétienne du Père Jérôme de Ripalda (Burgos, 1591) a eu plus de 471 éditions de toutes formes, en prose, en vers, illustrées, dans tous les dialectes de la péninsule aussi bien que dans les langues indigènes de l'Amérique espagnole. Ce petit ouvrage et le catéchisme du Père Gaspar de Astete (1592), qui n'a pas été moins goûté, ont instruit la plus grande partie de la jeunesse d'Espagne jusqu'à nos jours. Le catéchisme dialogué du Père Marc Jorge (Lisbonne, 1561) a eu un succès semblable dans les vastes pays de l'ancien empire colonial portugais. Enfin le Père George ^layr, savant Jésuite alle-

ï mand, qui a traduit le petit catéchisme de Ganisius en grec et en hébreu, a aussi aidé à la propagation de plusieurs des autres catéchismes mentionnés, en les rééditant dans leur langue originale, avec des images instructives.

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