IGNACE VISCONTI
Seizième Général : Ignace Visconti (^juillet 1751 — 4 roai ï/SS)
Dix-septième CoNGnÉrrATioN Générale
(32 juin i^Si — 5 sept. 1701)
217. — Le p. Retz étant mort le 19 novembre 1750, la 17® Congrégation Générale, réunie le 22 juin 1751, élut, le 4 juillet, le P. Ignace Visconti. Né à Milan en 1682, entré dans la Compagnie en 1702, il était Assistant d'Italie depuis 1737. Son généralat ne dura pas tout à fait quatre ans. Le 14 octobre 1752, il écrivit aux Supérieurs provinciaux, pour leur inculquer divers points que la 17^ Congrégation avait recommandés à sa sollicitude, et touchant les uns le maintien de la pauvreté, les autres la formation religieuse des scolastiques de la Compagnie. Le 17 juillet précédent, il avait adressé aux mêmes supérieurs de graves avis concernant renseignement de la philosophie, et surtout celui des humanités qui, craignait-il, languissaient dans certaines provinces.
C'est sous le généralat du P. Visconti que la cause de béatification du ^'. Cardinal Bellarmin fut sur le point de toucher au terme, grâce à la faveur de Benoit XIV; mais le gouvernement français, averti par le cardinal Passionei, ennemi mortel des Jésuites, s'y opposa, en représentant que la glorification du grand champion de Tultramontanisme susciterait de violents orages en France, surtout dans les Parlements. Par suite, la prudence du pape crut devoir difterer la conclusion à des temps meilleurs.
Cependant Benoît XIV préparait, en dépit d'une furieuse agitation antijc'suitique, une autre béatification, qui devait consirtuer une apologie, la plus autorisée possible, des Jésuites et de leurs missionnaires. Le P. Jean de Britto, Portugais (Iti'iT- 1GIJ2-1()93), avait suivi les pratiques du P. de Nobili au Maduré pendant 17 ans, jusqu'au jour de son glorieux martyre. Quand donc, à peine décidée la controverse des rites malabares, l'ut commencé à Rome le procès pour sa béatification, les adversaires des Jf'suites s'écrièrent que cette béatification était impossible, vu qu'elle équivaudrait cà une approbation des « superstitions et des idolâtries » condamnées. La cause avança néanmoins et, le 2 juin 1741, Benoît XIV déclara expressément que les rites pratiqués par le martyr n'étaient pas un obstacle, parce qu'ils n'ont pas eu cliez lui une signification religieuse, comme c'était le cas cliez les païens, mais ont été seulement des « actes de la vie civile ».
Observons, à ce propos, que ni les sentiments connus ni les actes de Benoît XIV n'autorisent à penser qu'il ait jamais cru imprimer une tache à toute la Compagnie. La même main qui a signé la bulle Ex qiio a signé d'autres documents qui témoignent que ce grand pape, s'il a été mécontent de (juebjues particuliers Jcsuites, n'a |)as varié dans son estime et son aft'ection très réelle pour leur Ordre en général. Il y a peu de pnpts (|ui l'aient enrichi de plus de faveurs spirituelles, et «pii les aient accompagnées d'éloges plus marqués de ses (l'uvres et des services qu'il rend à l'b'.glise.Nous ne ferons (|ue rappeler, par exemple, sa ïhille d'or pour les Congrégations de la Sainte N'ierge (I7'i8:; l'acte par le(juel il décida que la Congrégation des llitcs aurait à perpétuité un